Le 15 octobre dernier, Santé Publique France publiait de nouveaux chiffres concernant la situation du tabagisme en France : bonne nouvelle, ce bilan actait que le nombre de fumeurs avait largement diminué ces dix dernières années, avec 4 millions de fumeurs en moins. Pour des raisons économiques ou de santé, les Français·e·s semblent donc se détourner de la cigarette. En 2024, des scientifiques de l'Université de Toronto se sont justement penchés sur la question afin de savoir quel impact sur la mortalité a l’âge du sevrage de la cigarette, pour un fumeur quotidien. Et les résultats sont… surprenants !
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Diminuer son risque de mortalité en ayant été fumeur, c'est possible ?
Intitulée « Smoking Cessation and Short-and longer term mortality », cette étude publiée en 2024 dans la revue scientifique NEJM Evidence, mettait notamment en lumière la diminution du risque de mortalité grâce à l’arrêt de la cigarette. Les chercheurs ont notamment démontré que des effets bénéfiques sur la santé sont notables et évidents trois ans après l’arrêt.
Plus marquant encore, les scientifiques sont parvenus à mettre le doigt sur un âge “limite” qui permettrait aux fumeur·euse·s de réduire considérablement leur risque de mortalité : « L’arrêt à tout âge est associé à une survie plus longue, particulièrement lorsque le sevrage intervient avant l’âge de 40 ans. » Selon les données récoltées, 82 % des hommes âgés de 40 ans qui ont arrêté de fumer avant 40 ans seront encore en vie à 80 ans, contre 83 % des personnes n’ayant jamais fumé et 59 % des fumeurs réguliers. Chez les femmes, ces chiffres s’élèvent respectivement à 87 %, 87 % et 67 %. Preuve qu’arrêter de fumer avant 40 ans peut permettre d’atteindre une espérance de vie similaire à celle des non-fumeurs.
Un risque de mortalité réduit, mais pas forcément en bonne santé
Chaque année, la cigarette cause entre 5 et 7 millions de décès dans le monde. Pour établir ces résultats, les scientifiques ont suivi 1,48 million de personnes aux États-Unis, au Royaume-Uni, au Canada et en Norvège pendant quinze ans. L’étude est cependant à nuancer : si l’arrêt précoce de la cigarette peut avoir un impact sur la durée de vie, les conséquences du tabagisme sur la santé globale ne sont pas négligeables.
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« Les dégâts liés au tabagisme sont multiples et graves, notamment du point de vue des maladies respiratoires comme la BPCO [bronchopneumopathie chronique obstructive, ndlr] dont l’évolution va grever considérablement la qualité de vie des personnes », précise le Dr Frédéric Le Guillou, pneumologue et président de Santé respiratoire France. Pas de doute donc : le plus tôt, le mieux !
