Une image rare et spectaculaire à Paris : ce mardi 13 janvier, une centaine de tracteurs sont entrés dans la capitale dès 6 heures du matin. Une deuxième action coup de poing de la part des agriculteurs dans Paris, qui manifestent leur colère depuis plusieurs semaines dans différents points de l’Hexagone. En cause : la crise économique du monde agricole sur fond de gestion sanitaire contestée de l’épidémie de dermatose nodulaire et de rejet de l’accord Mercosur.
Des centaines de tracteurs sur les Champs-Elysées
Les premiers manifestants sont entrés dans la capitale sur les coups de 6 heures ce mardi matin, avec un premier convoi d’une quinzaine de tracteurs, d’après Le Parisien. Entrés par la Porte Dauphine – selon un parcours validé par le préfet de police – les tracteurs ont été escortés par des camions de CRS et ont parcouru les grandes artères parisiennes dont les Champs-Élysées, jusqu’à se rassembler devant l’Assemblée nationale.
🟢🚜 Plus de 350 tracteurs dans Paris !
— La FNSEA (@FNSEA) January 13, 2026
Grand soutien aux fédérations, mobilisées aujourd’hui dans la capitale pour défendre nos valeurs !
Le monde agricole est debout pour refuser le Mercosur, défendre ses revenus, ses normes et notre souveraineté alimentaire.
On reste… pic.twitter.com/E9djZEROM9
Plus d’une centaine de tracteurs ont finalement rejoint le premier convoi, arborant les drapeaux de la FNSEA (Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles) et des Jeunes agriculteurs. Une opération qui se déroule quelques jours avant la signature de l’accord UE-Mercosur, qui aura lieu ce samedi au Paraguay.
Le traité Mercosur au coeur de la colère
Si la démonstration de force impressionne, la colère, elle, couve depuis des mois. Les agriculteurs dénoncent une situation économique jugée intenable : selon la Coordination rurale, près de 70 % des exploitations seraient en déficit. À cela s’ajoute la gestion très critiquée de l’épidémie de dermatose nodulaire, qui frappe les élevages bovins. Mais le principal point de crispation reste le projet d’accord commercial entre l’Union européenne et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay). Les syndicats agricoles s’y opposent redoutant une concurrence accrue de produits importés, soumis à des normes environnementales et sanitaires moins strictes, non conformes aux normes de l’UE.
#Mercosur : l'opposition et la mobilisation continuent !
— FNB (@EleveursBovins) January 8, 2026
💬 @BenezitPatrick, Président de la FNB : "cet accord doit être rejeté !" pic.twitter.com/EGwx80Vs40
Face à la mobilisation, les syndicats veulent désormais des réponses politiques et multiplient les actions dans le pays. Ce week-end, des ports comme Le Havre, Bayonne ou encore La Rochelle ont été contrôlés par les syndicats, ainsi que des routes autour de Metz, Pau, Périgueux, Poitiers, Dax ou encore Limoges, explique Actu Paris. A cela, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a répondu lundi 12 janvier au matin sur BFMTV que « la colère des agriculteurs est profonde et leurs revendications sont légitimes », laissant entendre qu’ils étaient entendus au « plus haut niveau du gouvernement ».
