Une vague d’accusations de violence et harcèlement sexiste et sexuelle (VHSS) visant plusieurs DJs affiliés à l'agence Steer dont Shlømo, Odymel, CARV et Basswell, remue la scène Hard Techno depuis quelques jours.
Ces accusations ont été relayées par un ancien associé de l’agence Steer à laquelle sont affiliés plusieurs des artistes mis en cause. Bien qu’aucune décision judiciaire n’ait été rendue, l’agence a annoncé, dans un communiqué publié vendredi 20 janvier, se défaire des artistes visés par les accusations.
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Certains des artistes concernés ont répondu aux accusations via leurs réseaux sociaux: Shlømo nie les fait se disant victime d’une “campagne de calomnie et de diffamation”, Odymel, mentionne un épisode de somnambulisme sexuel, CARV annonce vouloir “prendre ses responsabilité” et réfléchir à ses actes.
Une réaction immédiate de la part des acteur.ices du secteur
Suite aux accusations plusieurs artistes ont annoncé mettre un terme à leur collaboration avec Steer : Koboyo, Omaksss, Onlynumbers, DJ Physical, Alt8, Fenrick, Oposition...
Depuis, des festivals ont annoncé la déprogrammation des artistes. Parmi eux : BO District, Bon Air Festival, Madame Loyal, Glitch Festival, Impact Techno, Teletech, Verknipt, Dour, Jardin Électronique... Plusieurs clubs ont aussi publié des communiqués rappelant leur politique de tolérance zéro à l’égard des VHSS.
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Une industrie accusée d'hypocrisie par certain.es artistes
Plusieurs artistes, dont MSKD, Chippy Nonstop, Alligaly ou encore Lisa More, ont dénoncé en ligne des réactions jugées opportunistes de la part d’agences et de festivals, accusés d’avoir maintenu certaines collaborations malgré des rumeurs circulant en coulisses, avant de n’agir qu’une fois l’affaire rendue publique. “Ils étaient au courant de certaines accusations précises et violences structurelles mais ils ne parlent que maintenant que ça affecte leur économie”publiait Chippy Nonstop dans sa story instagram.
Ces accusations ouvrent de plus larges débats au sujet de la complaisance face aux VHSS, notamment masculine. La DJ SPFDJ dénonce dans une vidéo les attitudes passives et validantes des hommes qui ne commettent pas directement les agressions et se rangent dans la catégorie des «mecs biens».
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Le sommet de l'iceberg ?
Dans leurs prises de paroles, les DJs, pour la plus part féminines, laissent entendre que la liste des artistes aux agissements répréhensibles serait bien plus longue que les quelques noms divulgués récemments.
Les VHSS en milieu festif sont dénoncées et documentées depuis plusieurs années. En 2025, le collectif Consentis publiait une enquête aux chiffres alarmants : 80 % des femmes et des personnes non binaires interrogées déclaraient avoir subi des violences sexuelles dans un contexte festif.
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Un problème déjà dénoncé auparavent
Suite à ces témoignages, des initiatives comme MetooDJ ont été créées pour diffuser la parole des victimes. Cependant, des collectifs luttant contre les VHSS en milieu festif et militant pour des espaces safe sur la piste et en coulisses existent déjà. Parmi eux : Réinventer la nuit et Consentis, qui proposent des formations pour les professionels, ou encore, SAFER, devenu un dispositif incontournable pour la prise en charge de violences sur site.
