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À Paris, ces visites érotiques et culturelles font grimper la température à Paris

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Rachel Thomas

Paris, ville de l’amour ? Oui, mais pas seulement version carte postale. Derrière les balcons en fer forgé et les cafés bien alignés, la capitale a longtemps été un terrain de jeu pour les plaisirs, les interdits et les doubles vies. Avec sa visite érotique, Miss Parisette propose de gratter le vernis pour raconter une autre histoire : celle du désir, omniprésent, codifié, parfois caché, mais toujours profondément parisien. Et spoiler : vous ne verrez plus jamais certaines rues de la même manière.

Départ place Saint-Georges 

La visite commence place Saint-Georges. Un décor élégant, presque trop sage et pourtant. C’est ici qu’aurait vécu l’une des courtisanes les plus puissantes du 19e siècle et de Paul Gauguin, Païva. Incarnation parfaite de ce Paris où le pouvoir, l’argent et le désir s’entremêlent

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Dès les premières minutes, le ton est donné : derrière chaque façade, une histoire moins avouable. Miss Parisette déroule alors une autre cartographie de la capitale, faite d’adresses confidentielles, de plaisirs codifiés et de récits longtemps restés dans l’ombre. 

Pigalle, fantasme collectif et réalité historique

Next stop, Pigalle. Pas celui des néons un peu fatigués, mais celui qui a fait vibrer tout Paris. Ici, Miss Parisette démonte les clichés pour raconter un quartier qui fut longtemps au cœur de la vie nocturne et libertine. On y croise l’ombre d'Henri de Toulouse-Lautrec, figure incontournable du quartier, mais également des lieux emblématiques comme le Divan du Monde ou La Nouvelle Ève.

À deux pas, la très discrète Villa Frochot, inaccessible au public, abritait dès 1910 l’un des premiers cabarets asiatiques de la capitale.

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Une rue à part, où se tenaient des soirées feutrées, parfois déguisées en innocentes réunions littéraires fréquentées par Charles Baudelaire ou Alexandre Dumas. Autre lieu clé : le Chat Noir, souvent considéré comme l’un des premiers espaces où l’on évoque plus librement l’homosexualité dans le Paris artistique.


Maisons closes, le chic et le trouble

C’est sans doute la partie la plus fascinante de la visite. Les maisons closes parisiennes, loin de l’image un peu crasse qu’on pourrait imaginer, étaient de véritables institutions, souvent luxueuses, fréquentées par les élites. Miss Parisette raconte ces lieux comme des décors de cinéma : scénographies, rituels, hiérarchie… mais sans jamais oublier l’envers du décor. Parce que derrière le fantasme, il y a aussi une réalité sociale beaucoup plus complexe.

Au fil de la visite, on découvre par exemple que l’une des premières maisons closes dédiées aux pratiques BDSM se situait au 9 rue Mazarin, dans un décor néo-gothique, et attirait une clientèle triée sur le volet. Un lieu aujourd’hui disparu, mais dont l’histoire continue de fasciner. D’autant plus qu’il se trouvait en face de l’actuel Hôtel Amour.

L’érotisme, partout (même là où vous ne le voyiez pas)

Gravures, détails architecturaux, symboles planqués dans des œuvres… La visite montre à quel point l’érotisme est partout dans Paris, souvent là où on ne le soupçonne pas.

On y découvre aussi toute une littérature parallèle : le Guide rose, véritable carnet d’adresses du plaisir, les Catalogues des prix d’amour qui détaillaient les pratiques et leurs tarifs, ou encore le fameux Guide des plaisirs. Une culture underground, codifiée, presque administrative.

Impossible aussi de ne pas évoquer Salvador Dalí et son œuvre Le Grand Masturbateur, ou encore André Gill. Aujourd’hui, ces sujets continuent d’être explorés par des voix contemporaines comme Maïa Mazaurette.

Enfin, la visite passe aussi par des lieux emblématiques de la scène queer parisienne, comme le club de Chez Moune, considéré comme l’un des premiers clubs lesbiens de la capitale.

On termine en beauté par l'un des plus hauts lieux de l'érotisme, autrefois maison close et aujourd'hui considéré comme l'hôtel le plus romantique au monde... j'ai nommé la Maison Souquet. Derrière ses portes feutrées, le fantasme n’a jamais vraiment disparu. Il s’est simplement transformé en luxe discret.

Une visite qui se vit comme une histoire

Ce qui fait vraiment la différence, c’est le ton. Pas académique, jamais gênant, toujours bien dosé. Miss Parisette déroule son récit comme un podcast qu’on écouterait en marchant, avec ce qu’il faut d’humour, de tension et de détails bien sentis. Toujours à l’écoute, elle adapte son discours selon le groupe, les réactions, les questions. Les visites sont proposées en français, anglais, espagnol, russe et italien. Côté format, deux options : en privé pour une expérience sur-mesure, ou en groupe tous les lundis à 14h. Comptez 25 € par personne, avec un minimum de cinq participants.

©Miss Parisette


Miss Parisette, une guide pas comme les autres

Auteure et passionnée d’histoire, Miss Parisette s’est fait une spécialité de ces récits cachés qui donnent une autre lecture de Paris. Et ce n’est pas juste une lubie bien marketée : elle a été distinguée parmi les 100 Femmes de Culture en France, nommée Chevalier des Arts et des Lettres, et élue Cultural Travel Expert of the Year 2025. Autant dire que le sujet est maîtrisé.

Le Bonbon valide ?

Clairement oui. Parce que c’est exactement le genre d’expérience qu’on adore : un peu insolite, très parisienne, intelligente sans être prise de tête, et avec ce petit twist qui fait toute la différence. En bref, une visite qui coche toutes les cases : apprendre des choses, se laisser embarquer, et repartir avec l’impression d’avoir découvert un Paris que même les locaux connaissent mal.