La musique résonne au Pavillon, tandis que les différentes artistes installent le coin dédié à leurs créations. Au milieu de cette effusion d’étoffes et de couleurs, Marilyne — Mary — s’affaire elle aussi aux derniers préparatifs, dans un calme communicatif. Jusqu’au 12 avril 2026, elle pose ses valises rue du Temple pour présenter les vêtements de sa marque, Softhéra, aux côtés d’autres créatrices, dans le cadre d’un pop-up sur le thème du souvenir.
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©Jagoda Bartus/Le Bonbon
Sur certains vêtements de cette collection, imaginés et confectionnés pour l’occasion, elle a intégré une petite pochette plastifiée où l’on peut insérer une photographie Polaroid. Un clin d'œil délicat à notre quotidien effréné, ultra-connecté, qui, paradoxalement, nous fait perdre « la notion de la préciosité du temps et des moments que l’on capture avec nos téléphones ».
La mode comme une histoire de famille
Des souvenirs, justement, elle en convoque dès les premiers instants de notre échange. La mode est une passion de longue date, certes, mais pour la jeune femme de 26 ans, c’est avant tout une histoire de transmission : un héritage légué par les femmes couturières de sa famille. « Je trouvais ça incroyable que ma mère soit capable de créer, en vrai, ce que moi j’avais dessiné sur le papier », raconte-t-elle, en repensant à ses tenues de gala de patinage artistique cousues maison.

©Jagoda Bartus/Le Bonbon
Car avant le fil et les aiguilles, il y avait les patins et la glace. Athlète de haut niveau, elle a choisi de tirer sa révérence après quinze années passées dans les patinoires. Une reconversion mûrement réfléchie pour son jeune âge : « C’était toute ma vie, mais en grandissant, je ne me voyais pas devenir coach, voir les plus jeunes échouer potentiellement… Je prends trop les choses à cœur pour ça. »
Une marque entre douceur et puissance, esthétique et écoresponsabilité
Cette sensibilité, alliée à une force et une rigueur héritées du milieu sportif, elle les a insufflées dans sa marque, créée en 2022. Softhéra, un nom à double lecture, à son image : « soft », qui évoque la douceur et l’émotion en anglais, et « Héra », figure de la féminité et de la souveraineté. Une dualité assumée, qui se retrouve dans ses créations réversibles ou transformables. Finalement, « chaque vêtement a un double visage ».
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Une jupe qui devient une cape ou un sac… Ses pièces « métamorphes » traduisent une vision personnelle de la mode du futur, associée à une volonté de répondre aux enjeux écologiques et de consommation éthique. Des créations qu'elle décrit comme des « horcrux », toutes renfermant un fragment de sa personnalité.
Dans ses choix de matières — soie du Vietnam, nylon déperlant ou tissus upcyclés —, et de coupes, elle fait dialoguer ses origines franco-vietnamiennes avec son envie de concevoir des pièces confortables, techniques, et porteuses de sens. « Je suis comme une savante un peu folle », sourit-elle, mais toujours animée par « le message que je veux transmettre ».
Allier mode et cinéma
Chez Softhéra, chaque collection raconte une histoire avec ses propres personnages, ses couleurs, et ses émotions. « Quand on veut raconter quelque chose, c'est qu'on est capable de le ressentir, même si on ne l'a pas vécu personnellement. » Un procédé presque cinématographique, pour celle qui se passionne autant pour la mode que pour le 7e art.
D'ailleurs, elle réalise des courts-métrages qui accompagnent chacune des collections. « Je suis très dans ma tête, je visualise beaucoup », confie-t-elle. Son rêve ? Voir ses créations sur les écrans des salles obscures ou portées par des artistes sur les plus grandes scènes. Et, à en croire l'univers qu'elle est en train de tisser, ce n'est qu'une question de temps pour que ce rêve devienne réalité.
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Pop-up Le Pavillon
139-140, rue du Temple — 3e
Jusqu'au 12 avril 2026
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