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À 25 ans, Chems Smaali sublime Paris avec ses chapeaux

undefined undefined 25 janvier 2026 undefined 09h30

undefined undefined 26 janvier 2026 undefined 11h52

Lucie Guerra

Un sourire radieux, une spontanéité captivante et, bien sûr, une casquette sur la tête — chapelier oblige. Dans son atelier-boutique du 20e, Chems Smaali, chapelier-modiste, nous accueille dans une effusion d’énergie solaire et communicative. « Je suis vraiment timide », commence-t-il d’emblée. Pourtant, depuis qu’il a installé son premier établissement ici, rue du Cambodge, en janvier 2025, ce jeune artisan de 25 ans est devenu une figure bien connue du quartier, comme en témoignent les multiples passantes qui s’arrêtent pour le saluer à travers la vitrine


©Jagoda Bartus/Le Bonbon

De cette timidité, il ne laisse rien paraître. Tel un créateur de mode laissant ses modèles partir sur le runway lors d’une Fashion week, il s’élance dans le récit d’une décennie de passion et d’histoire singulière, avec pour éclairage — à défaut, pour l’instant, des flashs d’appareils photo — les rayons de sa lampe-chapeau, une création maison imprévue, certes, mais surtout devenue un succès.


La mode comme une évidence depuis l'enfance

Des cow-boys — son modèle de prédilection —, des bibis, des bérets, des casquettes, en mérinos, en feutre, en tissu recyclé ou en jean upcyclé… Les couvre-chefs sont soigneusement disposés les uns après les autres sur les étagères, telles des oeuvres d’art dans un musée. Des oeuvres d’art justement, ces chapeaux en sont. Tous sont confectionnés à la main, sur commande, et sont aussi personnalisables que souhaité. Malgré les chapeaux qu’il a sur la tête, les idées bouillonnent — peut-être est-ce cela le secret de la créativité, finalement. Formage, cloutage, découpage… Ce travail d’orfèvre qui demande entre trois et huit heures, voire parfois plus, est réalisé avec la passion d’un jeune adulte qui observe le monde avec les yeux pétillants d’un enfant émerveillé par les défilés, et les grandes maisons de couture. 


©Jagoda Bartus/Le Bonbon

Et si l’idée de devenir pilote lui avait brièvement traversé l’esprit, l’amour viscéral pour la création et l’univers de la mode a vite remporté le duel. Timide certes, mais surtout audacieusement ambitieux, l’adolescent qui commence alors son cursus en chapellerie au lycée professionnel Octave Feuillet, n’hésite pas à parcourir les Fashion Weeks, à étendre son réseau et à tendre sa carte aux plus grandes stars. « Je l'ai donné à Bella Hadid. Il y avait peu de chances que ça marche, mais on ne sait jamais ce que ça peut donner », affirme-t-il. Preuve que le hasard fait bien les choses, à 25 ans seulement, il se retrouve propriétaire d’une boutique, après dix ans d'expérience dans cette profession. 


Faire vivre le patrimoine et transmettre l'amour d'un métier

Celle qui attire notre regard après la multitude de chapeaux exposés entre les quatre murs crème? La sacro-sainte Beyoncé. Pas en personne — ne lui donnez pas de faux espoirs —, mais encadrée en haut, à gauche, comme le graal, le but ultime à atteindre, celle que Chems rêverait de couronner de l'un de ses chapeaux. Dans le coeur de l’artisan, la chanteuse américaine doit partager la place de modèle de vie et d’inspiration créative avec Stephen Jones, le maître de la chapellerie en personne. Le véritable trône, lui, est réservé à son défunt père, l’homme « qui ne portait que des chapeaux » et rêvait d’en porter un signé du nom de son fils. 


©Jagoda Bartus/Le Bonbon

S’il n’a pas peur de rêver grand, l’artisan n’en oublie pas pour autant pas ses racines. D’origine tunisienne de ses deux parents, il incorpore fièrement des éléments de ce pays tant dans la décoration minimaliste de sa boutique, que dans certaines de ses créations, comme ses chapeaux ornés de broches berbères — un hommage à l’artisanat tunisien, revisité avec un twist contemporain. Épaulé par sa famille et ses amis, Chems Smaali a autant de paillettes que de projets dans la tête. Désireux de faire découvrir sa profession autant que de la revaloriser, il prévoit d’organiser des ateliers de chapellerie en petit comité dès le mois de février 2026.

Et pour le reste ? L'artisan, qui dégage une certaine sérénité combinée à une hargne de se faire sa place dans ce métier, aspire à continuer de se développer, à collaborer avec des marques et des artistes comme il l'a déjà fait avec Maureen et peut-être créer une collection entière dans un futur proche. Ce qui est certain, cependant, c’est que face à Queen B, Chems Smaali a toute l’étoffe nécessaire pour devenir le prochain King C de la chapellerie. 


©Jagoda Bartus/Le Bonbon

chapellerie Chems Smaali
  • 13, rue du Cambodge – 20e
  • Lundi : 14:30 - 20:30
  • Mardi - mercredi : 18:30 - 20:30
  • Jeudi : 11:30 - 16:00, 18:30 - 20:30
  • Vendredi : 17:00 - 20:30
  • Samedi : 11:30 - 20:30
  • Dimanche : 14:00 - 19:30
  • +33 6 52 21 64 68
  • Site web
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