Une très belle exposition sur Georges Marchais dans le bunker du Parti Communiste

© Le Bonbon

20 ans après la disparition de Georges Marchais, cette exposition retrace de façon extrêmement ludique le parcours de cette figure tutélaire de la politique française. De son côté tribun adepte des plateaux télé à ses engagements dans le monde ouvrier, on suit le destin passionnant d’un homme qui ouvrira la voie à beaucoup d’autres. 

« On le compare beaucoup à Mélenchon aujourd’hui pour son côté enflammé », ironise Nicolas Bescond, administrateur de l’espace Niemeyer, comprenez le siège du Parti Communiste, entre autres, (Believe a installé ses bureaux là-bas). Il a géré l'installation technique aux côtés de Catherine Leclere qui s'est occupée de la scénographie de cette exposition initiée par Olivier, le fils de Georges Marchais. A peine entré dans l’immense bunker moderne et assez démentiel conçu en 1971 par l'architecte brésilien Oscar Niemeyer, on est saisi par la grandeur de l’exposition ; qui bénéficie d'un sacré cachet de part la structure bétonnée et les courbes généreuses du lieu.

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Un homme engagé dans la cause ouvrière

On revit l’enfance de Georges Marchais en Normandie, sa montée à Paris, sa vie de famille. « C’est quand même le parcours atypique de quelqu’un issu d’un milieu modeste qui quitte l’école à 14 ans », commence Olivier Marchais. Puis on découvre les séries de photos de Paris Match ou L’Humanité, qui en disent parfois long sur l’ambiguïté du personnage. « On voit d’une part le côté populaire de Georges Marchais, qui est au contact des ouvriers, et d’un autre côté, la machine médiatique qu’il a incarné », explique Nicolas lorsque l’on passe devant le cliché de la visite en 1980 du secrétaire du PCF aux mineurs du puits Destival de Ladrecht en grève après l’annonce de la fermeture de la mine. « A travers ces photos, on voit les regards, les échanges avec un peuple qu’il aime », souligne son fils. C’est le début d’une désindustrialisation massive. L’homme politique soutient les combats ouvriers qui se multiplient. De l’autre côté, on découvre l’aspect plus médiatique de l’homme.

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Une machine médiatique

Pour Nicolas, « c’est un des premiers hommes politiques médiatiques modernes. Celui qui a balancé les premières punchlines chocs et qui était capable de clouer le bec à un Elkabbach. Quand il passait dans une émission, c’était le rendez-vous familial, tout le monde se marrait un peu devant le spectacle. Que ce soit dans le rejet ou l’adhésion, il y a quelque chose de sentimental. » On passe devant une reconstitution d'affiches de sa campagne en 81, on scrute sa carte officielle du PCF, ses notes, ses vinyles, puis on s’affale en regardant dans une télé imitation 70’ où l'on revoit les interventions les plus marquantes de Georges Marchais. « C’était un homme avec une grande ouverture politique. Quelqu’un qui aimait beaucoup rire aussi. » C'est le moment de passer du côté des caricatures du bonhomme. Cabu, Plantu, Charb, Wolinski, ils sont tous là. « Quand j’étais petit, il recevait les albums des caricaturistes, on les regardait, c’était un moment qu’on partageait ensemble. Il avait beaucoup d’autodérision… », raconte Olivier Marchais.

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Cette exposition nous raconte une époque, un homme, mais aussi de grands combats sociaux et les débuts de la médiatisation politique. C’est gratuit, instructif et ludique. Que demande le peuple ?

Du 28 novembre au 15 janvier du lundi au samedi de 10h à 18h30
Espace Niemeyer, 2 place du Colonel Fabien, 19e
M° Colonel Fabien