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Trophées de la Comédie Musicale 2026 : une ode éclatante et colorée au spectacle vivant

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Lucie Guerra

Les mélodies et les éclats de voix nous parviennent alors que l’on atteint la prestigieuse salle du Théâtre Mogador par les coulisses, ce lundi 15 juin 2026. Il n’est que 15h30, mais déjà, les musiciens et les artistes du Chœur répètent un tableau avec la même intensité que si l’intégralité du public était en place. Ils sont près d’une trentaine d’élèves, issus des différentes écoles de comédie musicale de la région, à avoir été sélectionnés pour participer à ce show. Sur scène, l’excitation est aussi palpable que communicative. Tests son, placements, entrées et sorties, transitions entre le Chœur et Juliette Behar, la maîtresse de cérémonie… Sous la direction de Cécile Chaduteau, tout est passé en revue dans les moindres détails pour faire de cette 8e édition des Trophées de la Comédie Musicale, un moment aussi époustouflante qu'exigeante. 

Si l’ambiance est studieuse, elle n’en est pas moins conviviale. La complicité est évidente : les surnoms affectueux se multiplient, les compliments s’enchaînent, les rires rythment les répétitions de cette grande famille qui s’est formée ces derniers mois autour d’un spectacle écrit par Stéphane Laporte et Gaétan Borg. « Cette cérémonie nous permet de créer du lien, ce n’est pas une audition, donc il n’y a que du partage », rappelle Anna Megrier, membre du Choeur. 


Un hommage au genre, à ses artistes et à leur pluridisciplinarité

Le rideau se lève, les acclamations fusent. L’énergie des comédiens sur scène est décuplée par les cris de joie et les applaudissements. Dès les premiers instants, portée par cette passion collective qui emplit la salle, la cérémonie se transforme en véritable déclaration d’amour à la comédie musicale qui est faite, tandis que les hommages aux plus grands spectacles qui ont marqué ce genre aux quatre coins du monde s’enchaînent. Derrière les artistes aux costumes colorés, c’est une Juliette Behar à la robe de soirée scintillante, plume dans les cheveux, qui ouvre la cérémonie sur un ton humoristique, délicatement politique mais surtout délicieusement piquant

« Les artistes de comédie musicale sont des supers héros, commence-t-elle, mais l’opinion publique française a du mal à accepter que l’on puisse être pluridisciplinaire ». Dénonçant l’intelligence artificielle et les compétences digitales que l’on impose aujourd’hui aux artistes déjà capables d’exceller dans le chant, le jeu et la danse, la maîtresse de cérémonie insiste sur une nécessité première pour faire vivre ce genre : « Continuons à croire aux artistes pour ce qu’ils savent faire, mettons l’accent sur leur parcours plutôt que sur leur nombre d’abonnés. »

La Cage aux Folles et Cher Evan Hansen sous les feux des projecteurs 

Entre les tableaux originaux et hauts en couleur créés pour l'occasion, et les extraits des cinq spectacles nommés pour le Trophée de la Comédie Musicale, les différents lauréats sont appelés sur scène pour recevoir leur distinction dorée des mains de Pablo Cherrey-Iturralde, Carole Deffit, Nathan Desnyder, Jeanne Jérôme, Camille Mesnard et Daniel Njo Lobe.

La Cage au Folle mise en scène par Olivier Py au Théâtre du Châtelet — et de retour à La Seine Musicale à la fin de l’année 2026 — remporte pas moins de 7 récompenses : le trophée de la scénographie et celui de la création costumes pour Pierre-André Weitz, celui de la chorégraphie pour Ivo Bauchiero et Aurélien Lehman, celui de la mise en scène pour Olivier Py, celui du second rôle masculin pour Harold Simon, de l’interprète masculin pour Laurent Lafitte et celui de la recréation

Cher Evan Hansen n’est pas en reste. À tout juste 20 ans, c’est le comédien principal, Antoine Le Provost, qui remporte le trophée de la révélation masculine, juste après avoir été nommé aux Molières 2026, il y a quelques semaines. « C’était le plus grand challenge de ma vie », confie-t-il après avoir reçu sa statuette. Olivier Soliveres, metteur en scène, remporte quant à lui le trophée de l'adaptation, tandis que le spectacle décroche le très convoité trophée de la comédie musicale.

Du côté de Chicago, deux trophées ont été remportés. Lisa Lanteri, qui a remplacé Shy’m sur une grande partie de l’exploitation du spectacle, reçoit celui de la révélation féminine. « Une pensée de solidarité pour les doublures [...] c’est un travail de dévotion, mais surtout de résilience », déclare-t-elle. Vanessa Cailhol, sa partenaire de jeu, remporte de son côté, le trophée de l’interprète féminine.


Près de 16 000 votants pour le trophée du public 

Si, en France, la comédie musicale cherche encore à s'imposer durablement, cette 8e cérémonie des Trophées a montré, une fois de plus, que le genre se fraie un chemin pérenne sur la scène artistique française. Pour cette édition, le Théâtre Mogador affichait complet. Quant au trophée du public, pour lequel chacun est invité à voter, 15 900 votes ont été enregistrés — un record. Time for love a remporté le trophée du public en région, tandis que Le Roi Soleil a reçu le trophée du public en Île-de-France. 

À la façon des Tony Awards américains ou des Olivier Awards britanniques, les Trophées célèbrent et consacrent l’excellence qui régit la comédie musicale à Paris et dans tout l’Hexagone. Une cérémonie aussi précieuse que chacun des spectacles et des artistes nommés. Alors, comme l’a si bien dit Antoine Le Provost au moment de conclure son discours : « Vive la comédie musicale en France ! » 

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Trophée du jeune public : La Maison Hantée
Trophée du second rôle féminin : Tatiana Matre, Monte-Cristo, le spectacle musical
Trophée du livret : Stéphane Laporte et Yann Guillon, Monte-Cristo, le spectacle musical
Trophée de la partition : Yanowski, Adèle Berry
Trophée du spectacle musical : Post!
Trophée du collectif : Oliver Twist