Il y a des chefs-d'œuvre restés trop longtemps dans l’ombre qui, pourtant, mériteraient la lumière de dizaines de projecteurs. Ce printemps, le Théâtre du Châtelet en dépoussière l’un d’entre eux : Top Hat. Et si son titre ne vous dit rien, l’une de ses chansons cultes, “Cheek to Cheek” vous semblera sans doute familière. Depuis le 15 avril et jusqu’au 3 mai 2026, sortez les hauts-de-forme et laissez-vous embarquer pour une délicieuse parenthèse de comédie musicale à l’américaine… en plein cœur de Paris.
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1) Un chef d’œuvre du cinéma qui brille enfin sur scène
Si Top Hat se révèle dans toute sa splendeur sur les planches du Châtelet en 2026, c’est en réalité à l’écran, il y a plus de 90 ans, que cette histoire d’amour et de quiproquos a vu le jour. En 1935, le réalisateur Mark Sandrich marque le monde du cinéma en révélant un duo devenu mythique : Fred Astaire dans le rôle de Jerry Travers et Ginger Rogers en Dale Tremont.
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©Andrew Perry
Il faut attendre 2013 pour que cette histoire soit adaptée pour la première fois en comédie musicale dans un théâtre du West End londonien. Et c’est désormais Paris qui a la chance d’accueillir cette production, basée sur un livret de Matthew White et Howard Jacques, et mise en scène par Kathleen Marshall.
2) Une histoire d'époque, qui fonctionne toujours aussi bien
Certes, le propos est loin d’être le plus contemporain : Jerry Travers (Philipp Attmore), véritable star aux États-Unis et séducteur invétéré, se rend à Londres pour se produire dans un nouveau spectacle. Il ne s’attend pas à voir son cœur chavirer pour Dale Tremont (Nicole-Lily Baisden), rencontrée au détour d’une danse nocturne dans sa chambre d’hôtel. Mais la belle ne se laisse pas avoir si facilement, d’autant plus que, ne connaissant pas le prénom de celui qui la courtise, elle ne manquera pas de le confondre avec Horace, son producteur…
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©Andrew Perry
Et pourtant, la magie opère — avec brio. L’humour et les quiproquos s’entrelacent avec les histoires d’amour, dans un équilibre parfaitement maîtrisé. L’usage savamment dosé du comique de répétition permet de garder le spectateur captivé par l’histoire, en plus des performances de jeu et de chant qui donnent l’impression que les comédien·ne·s incarnent ces rôles depuis toujours. La deuxième partie du spectacle, qui nous transporte en Italie, donne un nouvel élan au récit avec l’arrivée de la pétillante Madge Harwick, brillamment interprétée par Emma Williams. Les nœuds se dénouent, les langues se délient, l’exagération joue avec le burlesque. Le résultat est au rendez-vous : si les lumières ne s’étaient pas rallumées, l’ovation aurait sans doute duré de longues minutes.
3) Des chorégraphies qui restent ancrées dans nos mémoires
S’il ne fallait choisir qu’une seule raison, ce serait peut-être celle-ci. Les voix sont grandioses, mais sans la danse, Top Hat n’existerait pas. Dès les premières minutes, les claquettes résonnent avec une précision saisissante, donnant d’emblée le ton et le rythme du spectacle.
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En dialogue constant avec l’orchestre — sous la baguette de Matthew Spalding —, les chorégraphies se déploient avec une légèreté sans pareille, portées par des costumes somptueux à l’esthétique léchée, et nous plongent dans une atmosphère hors du temps.
4) Une scénographie immersive et éblouissante
Pouvait-on être davantage conquis par cette scénographie circulaire évoquant un décor digne de The Great Gatsby ? Certainement pas. Par ses décors, Peter McKintosh rend hommage au film original et aux années 30, tout en y insufflant une modernité qui capte le regard à chaque instant des 2h40 de spectacle. L’usage prononcé du doré et des couleurs pétillantes fait écho à la fois au succès de Jerry et aux personnalités flamboyantes de chacun des personnages.
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©Johan Persson
Des États-Unis à l’Italie, en passant par le Royaume-Uni, la scène se transforme sans cesse : chambre d’hôtel, plateau de spectacle, palais vénitien… Les objets apportés tout comme les mouvements rotatifs de la scène nous immergent pleinement dans cet univers élégant et virevoltant. On en sort émerveillé, avec une seule et unique envie : danser.
Top Hat
Théâtre du Châtelet
1, place du Châtelet — 4e
Jusqu’au 3 mai 2026
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