Il n’y a sans doute pas de lieu plus symbolique que le Palais de la Porte Dorée, construit à l’occasion de l’exposition coloniale de 1931, pour accueillir une exposition consacrée au racisme. Pendant tout l’été, l’institution croise des regards artistiques et scientifiques pour essayer de répondre à certaines questions : comment le racisme et les discriminations s’inscrivent-ils dans les sociétés contemporaines ? Comment en dresser le portrait par le prisme de l’art ? Et comment faire monde commun sans effacer nos différences ?
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Le racisme et ses mécanismes décomposés
Depuis quelques années, le racisme est devenu un sujet à part entière au cœur des débats nationaux, et plus encore, européens et mondiaux, à juste titre. En effet, comme en témoignent certains chiffres, en 2025, les crimes et délits à caractère raciste ont augmenté de 5% en France par rapport à l’année précédente. Des agressions dues à l’origine — réelle ou supposée — de quelqu’un, qui constituent une réalité inquiétante, sur laquelle tente de nous éclairer le Palais de la Porte Dorée.

William Adjeté Wilson, Toussaint Louverture, et la révolution Haïtienne et Les négriers, et la traite des esclaves, 2007-2010 © William Adjété Wilson / Benoit Touchard © Adagap, Paris, 2026
Pour ce faire, l’institution cherche à déconstruire les clichés et les préjugés à travers trois sections. Dans un premier temps, Défaire l’ordre du regard, qui revient sur les origines du racisme, de la représentation des différences, et sur les traces laissées par ces regards d’une génération à l’autre. La deuxième partie, Droits empêchés, plus scientifique, met en lumière les conséquences concrètes de la discrimination, dans des domaines aussi divers que la scolarité, la recherche d’emploi ou de logement, ou l’accès à la santé. Enfin, l'exposition se clôt avec L’Assemblée des vivants, qui propose une piste de réflexion pour l’avenir, autour de l’unification, du mélange et du partage.
Des œuvres plurielles
De salle en salle, les œuvres, témoignages et données scientifiques se succèdent, pour nous livrer le regard le plus complet possible. Histoires familiales, dénonciations sociétales ou simples constats prennent la forme de peintures, de sculptures, de photos, de vidéos et même de mobilier d’intérieur, pour interroger des notions d’identité, d’appartenance et de stigmatisation. Création artistique et réflexion sociale se mêlent pour nous questionner et nous encourager à revoir notre regard sur la société.

Les soeurs Chevalme, 17.10.61, Service spécial, 2021. Collection départementale d’art contemporain de la Seine-Saint-Denis © Adagap, Paris, 2026
Parmi les œuvres à ne pas manquer, la Vénus Hottentot de Roméo Mivekannin, qui inverse la balance des pouvoirs à travers un simple regard, le gigantesque patchwork de Małgorzata Mirga-Tas, qui revient sur les clichés envers les communautés Roms, les travaux engagés et subtils des sœurs Chevalme, ou encore la vidéo Il a fait grave chaud de Valérie Mréjen, qui a interrogé les élèves de deux collèges de Sarcelles sur leurs origines et leur héritage culturel. En bref, le Palais de la Porte Dorée nous propose une exposition essentielle, qui aborde par le prisme de l’art un sujet central de nos sociétés contemporaines, pour déconstruire les regards et faire avancer les choses.
Aux Origines. Regards croisés sur le racisme et les discriminations
Palais de la Porte Dorée
293, avenue Daumesnil – 12e
Jusqu’au 23 août 2026
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