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Cannes 2026 : Almodóvar, Travolta, Gilles Lellouche en Jean Moulin… la sélection se dévoile

undefined undefined 9 avril 2026 undefined 17h00

Jérémy Pennors

On l’attendait, la voici : la sélection officielle du 79e Festival de Cannes vient de tomber. Présidée par Park Chan-wook, cette édition, qui se tiendra du mardi 12 au samedi 23 mai 2026, promet une Croisette plus cinéphile que jamais, étonnamment loin des blockbusters américains

Entre habitués, déjà couronnés ou non, et une nouvelle génération prête à bousculer la hiérarchie : la Selection officielle joue cette année à plein la carte du brassage. Une ligne de crête subtile, soigneusement défendue par Thierry Frémaux et Iris Knobloch, lors de leur conférence de presse ce midi.

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Hollywood en retrait, le cinéma indépendant en avant

Côté figures incontournables, on retrouve Pedro Almodóvar (Autofiction, en salles le 20 mai), Asghar Farhadi (Histoires Parallèles, mai 2026), Andreï Zviaguintsev (Minotaure, pas de date confirmée), ou encore Ryusuke Hamaguchi (Soudain, en salles le 12 août) qui reviennent défendre leur vision du cinéma d’auteur. Tous sont en lice pour la Palme d’or qu’ils n’ont jamais remportée, malgré des classiques tels que Volver (2006) ou Tout sur ma mère (1998) pour Almodóvar, Une séparation (2011) pour Farhadi, Faute d’amour (2017) pour Zviaguintsev et Drive My Car (2021) pour Hamaguchi

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Face à eux, la relève s’impose avec onze nouveaux entrants en compétition officielle, pour un total de 21 films qui se disputeront la Palme d'or, dont cinq réalisatrices : un record pour le festival. Avec 2 541 films soumis cette année, Cannes confirme une nouvelle fois son statut de place forte mondiale du cinéma, où émergent chaque année de nouvelles voix.


Nolan, Spielberg… les grands absents qui font parler

Mais en creux, une absence se fait pourtant remarquer : celle des blockbusters américains. Pas (ou très peu) de tapis rouge pour les superproductions cette année. Les très attendus The Odyssey de Christopher Nolan, relecture ambitieuse du mythe d’Ulysse portée par un casting international XXL (Tom Holland, Zendaya, Matt Damon...), et Disclosure Day, qui marque le grand retour de Steven Spielberg à une science-fiction techno-futuriste ne seront finalement pas prêts à temps. Même constat pour Digger de Alejandro González Iñárritu, avec Tom Cruise, qui signe son grand retour dans un long-métrage hors franchise.

Un virage assumé par Thierry Frémaux, qui revendique une sélection tournée vers un cinéma plus indépendant, loin des logiques de studios. « Les États-Unis seront présents, les studios un peu moins », résume-t-il. Une manière de rappeler que Cannes reste, avant tout, un festival d’auteurs


Fresques historiques et montées des marches spectaculaires

Reste que le spectacle sera bien au rendez-vous. Parmi les tendances fortes de cette année : une présence marquée de récits historiques, souvent liés à la Seconde Guerre mondiale. En tête d’affiche, le très attendu La Bataille de Gaulle : L'âge de fer de Antonin Baudry, première partie du film français le plus cher de l'année, avec Simon Abkarian dans le rôle du général De Gaulle et qui s’impose déjà comme l’un des événements de la quinzaine.

Mais aussi le retour du cinéaste hongrois Laszlo Nemes qui viendra défendre Moulin, avec Gilles Lellouche dans la peau de Jean Moulin. Soit une montée des marches qui s’annonce déjà spectaculaire.


Palmes d’honneur pour Streisand et Jackson

A noter que l’ouverture du festival sera assurée par La Vénus électrique de Pierre Salvadori, tandis que Eye Haïdara orchestrera les cérémonies. Hors compétition, quelques incursions hollywoodiennes (Woody Harrelson, Kristen Stewart, Emma Mackey) devraient tout de même illuminer la Croisette, notamment chez Quentin Dupieux.

Enfin, cette 79e édition rendra hommage à deux figures majeures du cinéma mondial : Barbra Streisand et Peter Jackson, tous deux récompensés pour l’ensemble de leur carrière. Une manière de relier, une fois encore, l’histoire du cinéma à son présent.