Qu'est ce que le walk of shame ?

  • Agathe
  • NUIT - Lifestyle
  • 26/10/2016

Le jour s’est levé avant toi ; les yeux collés, la bouche pâteuse et l’esprit déshydraté, tu te redresses difficilement au milieu d’un lit qui n’est pas le tien, dans un appart’ qui n’est pas le tien, vêtue de ce qu’il reste de ta tenue de lumière de la veille. L’instinct de survie prend alors le dessus et te voilà crapahutant dans les rues d’un quartier poisseux, direction maison. Ça, ça s’appelle le "walk of shame" bébé. Viens, on va en parler.


La marche de la honte, littéralement.
Alors que tu tentes vainement de rassembler les souvenirs puants qu’il te reste de ta soirée d’hier, la paranoïa prend peu à peu le dessus. Toutes ces grand-mères endimanchées, tous ces salariés préoccupés, tout le monde, tout le monde te juge et lis dans tes cheveux gras le symbole d’une vie de débauche plus que condamnable, un matin de pleine semaine.

Prendre le métro n’a jamais été si pénible. Tu t’accroches vaille que vaille à la rambarde centrale, peu importe les staphylocoques dorés, la tête baissée et l’estomac lourd. Uber est majoré à 18,5 à l’heure qu’il est, c’est donc à défaut de n’avoir pu sauvegarder ta dignité qu’il valait mieux prendre soin de tes finances. Et puis, ce n’est pas la première fois que ça t’arrive. Te reste plus qu’à bouffer, bébé.

Le phénomène du "walk of shame" fut initialement repéré aux Etats-Unis. Force est de constater que, régulièrement, des marées humaines d’étudiants suintant le sexe bâclé, l’alcool et le manque de sommeil, envahissaient les couloires des résidences universitaires. Le "walk of fame" de Hollywood s’est mué en "walk of shame" coutumier. Au sens large, le "walk of shame" désigne la marche post-coïtale qui sépare l’appartement de son partenaire sexuel du sien.

L’expression est entrée dans la culture populaire outre-Atlantique, faisant émaner de son jus gluant nombre de livres, de films et autres guides pratiques anti-walk of shame. Il est, en effet, possible de trouver sur Internet des kits de survie comprenant du dentifrice, des tongs et du démaquillant format voyage. Tout comme il est possible de s’appuyer sur des guides pour les constituer soi-même. Trop bien.

Malheureusement, le walk of shame semble principalement assimilé à la gent féminine lorsqu’on lit les médias ou lorsque l’on regarde les daubes cinématographiques abordant le sujet. J’en ai pourtant croisé des jeunes éphèbes fatigués, errant jusqu’à leur garçonnière, un jeudi à 10h36. Je m’étonne donc de cette focalisation quelque peu réductrice. #Féminisme.

En somme, voilà comment s’appelle cette randonnée inconfortable qu’il t’arrive de pratiquer plus que de mesure. Il n’y a certainement pas une nonne un peu aigrie qui te suit à la trace s’écriant « SHAME » à chacun de tes pas, mais l’esprit y est. Rassure-toi, tu n’es pas le seul à qui cela arrive, c’est même plutôt commun. Ainsi, la prochaine fois que tu emprunteras le chemin du retour après une nuit mouvementée, regarde bien autour de toi, tu risquerais de croiser des compagnons d’infortune. Le walk of shame peut s’avérer déprimant mais également joyeux. A toi d’arpenter les rues comme il te plaît, recroquevillé dans tes sous-vêtements sales.

Sur ces bonnes paroles, le Bonbon Nuit te souhaite une belle promenade.

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