Parcels, cinq garçons dans le vent

undefined 29 janvier 2019 undefined 15h46

La Rédac'

Chemises à carreaux, pantalons fleuris et cheveux aux épaules, les garçons de Parcels nous font oublier qu’ils ont à peine 20 ans. Jules à la guitare, Anatole à la batterie, Louie et Patrick aux claviers, et Noah à la basse se connaissent depuis leur enfance dans la petite ville de Byron Bay, le Brooklyn australien. Ils montent le groupe ensemble en 2014. À l’occasion de leur premier album éponyme sorti en octobre dernier, et en pleine tournée à travers l’Europe, nous les rencontrons quelques heures avant leur concert sold out à l’Olympia.


Salut les garçons, comment expliquez-vous que vous soyez si appréciés en France ?

Patrick : C’est vrai qu’on a été bien reçus dans la scène française actuelle. Peut-être parce qu’on adore la musique française, son harmonie, et qu’on a un label français ?


Comment on en arrive à une tournée européenne quand on vient d’Australie ?

Jules : Nous vivons à Berlin depuis quelques années, donc forcément on connaît bien l’Europe. C’était logique pour nous.


Elle vous a inspiré, l’Europe, dans l’écriture de votre album ?

Jules : Europe, c’est le groupe qui chantait The Final Countdown, non ? Ah oui, grosse grosse inspiration ça !


Donc vous ressentez que votre musique est plutôt européenne ?

Jules : Grave. Il y a indéniablement un côté pub rock.

Patrick : L’année dernière, mon père m’a sorti qu’on n’était pas un groupe australien, et qu’on avait l’énergie d’un groupe anglais de pub rock. C’était sûrement un truc qu’il devait réaliser tôt ou tard pour enfin accepter ce que je fais de ma vie.


La langue allemande vous inspire également ? Dans votre album, tous les titres de vos chansons regroupent plusieurs mots en un seul, comme en allemand…

Jules : C’est drôle car on le faisait déjà avant d’emménager en Allemagne. Ce fut une bonne surprise quand on est arrivés et qu’on a découvert qu’ils faisaient ça. En fait, je suis sûr que c’est eux qui nous ont piqué l’idée.

Patrick : C’est pratique, quand on rentre en Allemagne on comprend tout parfaitement, on en a de la chance.

© Antoine Henault


Qu’est-ce qui vous manque le plus de l’Australie ?

Patrick : L’eau.

Jules : On a trop soif ! Moi c’est le lait et l’eau de coco qui me manquent.

Noah : Le bacon. Il n’est pas bon en Allemagne, alors qu’en Australie, ils s’y connaissent vraiment, ce sont les rois du bacon.


C’est quoi votre chanson préférée de l’album ?

Noah : Everyroad, elle le résume vraiment bien. Son écriture fut la plus difficile, la plus longue, et du coup la plus satisfaisante.

Patrick : C’est aussi la seule qu’on a écrit tous ensemble dans la même pièce, c’était cool. C’est notre moment préféré dans l’écriture de l’album.


Votre musique est joyeuse et donne envie de danser. Vous êtes plutôt optimistes comme mecs ?

Anatole : Pas du tout ! Au contraire on est très réalistes, trop même.

Jules : C’est parce qu’on est si pessimistes qu’on est obligés de faire des mélodies joyeuses… Pour accompagner des paroles sombres, tu vois ? C’est la combinaison des deux qui crée cette mélancolie.

Patrick : En fait c’est un échappatoire au pessimisme ! De toute façon quand c’est trop optimiste c’est ringard.

Noah : Moi avant j’allais bien, et puis je suis devenu pessimiste à force d’être entouré de ces gars-là. Regarde-les, y’à qu’à voir !


Vous jouez ce soir dans la mythique salle de l’Olympia et c’est complet. Pas trop stressés ?

Jules : Franchement non. On a joué dans une salle similaire à Londres et on était hyper stressés, mais j’ai l’impression qu’on s’habitude petit à petit.


Vous sortez où à Paris ?

Anatole : Au Mauri 7 ! Et à la Chambre Noire. On a un super pote, Dylan, qui bossait au M7 avant, maintenant il bosse dans ce bar à vin qui ne fait que des vins natures. Il connaît bien Paris, il ne travaille que dans des endroits trop cool alors on le suit partout où il va.

Noah : Tant qu’on y sert de l’alcool…

© Antoine Henault


La dernière chanson de votre album, Credits, cite les noms de chacune des personnes qui ont participé à votre album. Peut-on voir l’album comme un film dont Crédits serait le générique de fin ?

Jules : Tu as l’impression que notre album est comme un film ?


Bah oui, un peu.

Jules : Alors disons que c’en est un pour toi.

Patrick : Tu as vu comment il fait ? Jules, tu renverses toute la conversation !

Louie : En vérité, c’était naturel pour nous d’avoir une intro et une fin sur un travail aussi long. Tout le monde devrait faire la même chose.

Jules : À part ça on adore les films. Mais seulement les films noirs, ceux qui sont pessimistes. Ceux où beaucoup de gens meurent.


Daft Punk a produit votre single Overnight. Pourtant, vous avez auto-produit le reste de votre album…

Jules : On n’avait rien prévu en particulier avec eux, on a juste fait un titre comme ça. On ne voulait pas un producteur pour tout notre album, c’était important de garder la main-mise sur l’ensemble du disque.


Vos groupes préférés ?

Patrick : Dr Dre ! Un dieu vivant.


Et vos découvertes récentes ?

Noah : J’ai redécouvert Connan Mockasin depuis son dernier album, c’est archi mieux que ce que je pensais.


C’est quoi la suite des événements ?

Patrick : On a encore une vingtaine de concerts en Europe avant d’aller se reposer à Byron Bay, puis de commencer une tournée en Australie. Et la suite… Tu verras, c’est un secret ! Peut-être qu’on ira aux Etats-Unis, peut-être pas. Suspens, suspens.


Parcels
, Kitsuné Musique/Because Music