Dès 1940, Lyon est placée en zone dite “libre”, avant de basculer sous occupation directe allemande en novembre 1942. Les rues changent de visage : contrôles, patrouilles, affiches de propagande et couvre-feux rythment le quotidien. La population vit dans la peur, entre restrictions, rationnement et surveillance accrue. Les clichés d’époque montrent une ville figée, presque silencieuse, loin de l’effervescence qu’on lui connaît aujourd’hui.

Bombardement de Lyon par l'aviation alliée, le 26 mai 1944, quai de Serin, n° 54 © Par Services techniques de la ville de Lyon. — archives municipales de Lyon, Domaine public.
Mais Lyon ne se laisse pas entièrement dompter. Elle devient même un haut lieu de la Résistance française. Jean Moulin, figure emblématique, y organise l’unification des mouvements résistants avant son arrestation en 1943. Les réseaux clandestins se multiplient, les imprimeries secrètes tournent à plein régime, et les messages codés circulent dans l’ombre des traboules du Vieux-Lyon et de la Croix-Rousse.

Des Allemands devant l'hôtel de ville en 1940. © Par Auteur inconnu — Collection privée, CC BY-SA 4.0
La répression est violente. Arrestations, tortures, exécutions : la Gestapo, installée avenue Berthelot, impose un climat de terreur. Les images d’archives de cette période racontent autant la dureté de l’occupation que le courage discret de celles et ceux qui ont résisté.

Dôme de l'Hôtel-Dieu incendié par des échanges de tirs le 4 septembre 1944. © Par Ville de Lyon — archives municipales de Lyon, Domaine public
En 1944, la libération de Lyon marque la fin de ces années d’ombre. Aujourd’hui, en parcourant ces photos d’époque, difficile de ne pas ressentir un frisson : celui d’une ville qui a vacillé, mais jamais cédé. Une mémoire encore vivante, inscrite dans ses murs, ses rues… et son âme.








