Des Lyonnais veulent voir disparaître des oeuvres dont la statue de Louis XIV sur la place Bellecour

Gregory_DUBUS

En réaction à la mort de George Floyd aux États-Unis, des internautes lyonnais ont crée une carte interactive qui recense les statues, plaques, rues et ponts honorant des figures esclavagistes. Au total, une cinquantaine de points sont listés dans l’agglomération lyonnaise.

Balayer l’Histoire de nos espaces publics la rendra-t-elle plus digeste ? C’est l'idée d'une communauté d’internautes lyonnais qui s’est affairé à recenser l’ensemble des statues, plaques, rues, ponts et autres monuments érigés à l’effigie de Colons ou de figures de l’esclavagisme dans l’agglomération lyonnaise. Une carte interactive a même été créée pour cibler une cinquantaine de lieux qui pose problème, chacun accompagné d’un commentaire personnalisé.

Une longue liste dans laquelle on retrouve quelques monuments bien connus des Lyonnais dont la statue de Louis XIV sur la place Bellecour (installée en 1825 et classée monument historique depuis 2015). La raison évoquée : ce dernier « a très largement participé au développement de la traite négrière ». On retrouve également le pont Napoléon Bonaparte, reliant le Vieux-Lyon à Bellecour, qui rendrait hommage au premier empereur des Français qui a « rétabli l'esclavage dans les colonies françaises avec la loi du 20 mai 1802 » et a « tenté de coloniser l'Égypte avec environ 50 000 hommes ». Trois autres ponts sont également pointés du doigt par la carte.


© Eric Bascol

« Un acte de réappropriation du lieu public »

Edouard Herriot, maire de Lyon entre 1905 et 1940 puis entre 1945 et 1954 et qui donne son nom à de nombreuses rues, places et écoles, est également décrié par les internautes qui lui reprochent d’avoir « organisé l’exposition universelle de Lyon en 1914 qui comprenait l’installation du pavillon colonial. Dans celui-ci, 120 sénégalais ramenés des colonies doivent reconstituer un village local. 104 Chinois ont également été amenés pour servir de pousse-pousse dans la ville ».

Une initiative forcément polémique que l’un des créateurs a tenté de justifier sur les réseaux sociaux : « Enlever des statues, renommer des places, des rues, des ponts ne fait pas disparaître l'Histoire, ne fait pas disparaître les livres, les documentaires, les films. Mais, l'action, populaire, antiraciste, de déboulonner des statues est simplement un acte de réappropriation du lieu public, de l’environnement, pour le rendre moins oppressif ». Rappelons que dans certains pays, dont l’Angleterre et la Belgique, plusieurs statues ont détruites pendant les manifestations anti-racisme…

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