On savait que le soleil n’était pas exactement notre argument numéro un. En revanche, entre un immobilier encore relativement accessible, des villes à taille humaine et notre sens particulièrement développé de la convivialité, on aurait pu espérer grappiller quelques places. Raté. Une étude réalisée par BrokerChooser vient de comparer les 13 régions de France métropolitaine selon plusieurs critères censés peser dans la qualité de vie une fois à la retraite. Résultat : avec une note de 41,5 sur 100, les Hauts-de-France arrivent à la toute dernière place. La Bretagne, elle, décroche la première avec 73,9/100.
Les Hauts-de-France derniers sur 13 régions
Pour établir son classement, BrokerChooser s’est intéressé à six indicateurs : la part des retraités dans la population, le vieillissement démographique, le prix de l’immobilier, la proportion de communes labellisées « 3 fleurs » ou plus, l’espérance de vie après 60 ans et le nombre de professionnels de santé pour 100 000 habitants. Les données utilisées proviennent principalement de l’Insee et couvrent différentes années selon les indicateurs. L'étude les agrège ensuite pour attribuer une note globale à chaque région. Et à ce petit jeu-là, notre région ferme donc la marche avec 41,5/100, derrière l’Île-de-France, avant-dernière avec 46,7/100. On a connu des podiums régionaux légèrement plus réjouissants.

Une espérance de vie après 60 ans plus faible qu’ailleurs
C'est notamment sur l'un des critères les plus importants que les Hauts-de-France perdent des points : l'espérance de vie après 60 ans. D'après les données reprises par l'étude, une personne âgée de 60 ans dans les Hauts-de-France peut espérer vivre encore 24,4 années en moyenne. C'est le résultat le plus faible des 13 régions étudiées. À titre de comparaison, l'Île-de-France atteint 26,8 années, soit 2,4 années supplémentaires, tandis que Provence-Alpes-Côte d'Azur affiche 26,3 ans. Autre indicateur retenu : l'accès aux soins. Les Hauts-de-France comptent selon l'étude 306 professionnels de santé pour 100 000 habitants. C'est moins qu'en Bretagne (351), en Nouvelle-Aquitaine (356) ou encore en Provence-Alpes-Côte d'Azur, qui domine largement sur ce critère avec 412.
La région compte aussi proportionnellement moins de seniors
Autre élément qui peut sembler étonnant : les Hauts-de-France restent une région relativement jeune. L'indice de vieillissement démographique retenu par l'étude atteint 75,5 dans la région. Cet indicateur compare le nombre de personnes âgées de 65 ans ou plus à celui des moins de 20 ans : plus il est élevé, plus la population âgée est importante par rapport aux jeunes. En Nouvelle-Aquitaine, il grimpe ainsi à 117,9 et atteint même 122,9 en Corse. Les retraités représentent par ailleurs 20,3 % de la population des Hauts-de-France, contre 23,1 % en Bretagne, 23,8 % en Nouvelle-Aquitaine et 24,7 % en Bourgogne-Franche-Comté selon les chiffres utilisés pour ce palmarès. Une région plus jeune, donc. Ce qui est plutôt une bonne nouvelle en soi, même si ce classement précis n'en fait visiblement pas un avantage.
Mais les Hauts-de-France ont un argument de poids : l'immobilier
Tout n'est quand même pas à jeter au nord de Paris. Sur le plan immobilier, les Hauts-de-France font partie des régions les plus accessibles du classement. Le prix de vente médian retenu par l'étude s'établit à environ 32 000 € par pièce. C'est moins qu'en Bretagne (34 000 €), en Nouvelle-Aquitaine (38 000 €) ou en Occitanie (42 000 €), et surtout très loin des 67 000 € d'Île-de-France et des 72 000 € de Provence-Alpes-Côte d'Azur. Et notre région s'en sort plutôt correctement du côté du fleurissement : 36,6 % des communes prises en compte sont labellisées 3 fleurs ou plus. Un résultat supérieur à ceux de la Nouvelle-Aquitaine, de l'Occitanie ou encore de l'Auvergne-Rhône-Alpes. Voilà, on récupère doucement notre dignité.
La Bretagne serait la meilleure région où prendre sa retraite
À l'autre extrémité du classement, la Bretagne décroche la première place avec 73,9/100. L'étude souligne notamment son équilibre entre immobilier relativement accessible, cadre de vie et présence importante de communes fleuries : 49,2 % des communes considérées y affichent au moins trois fleurs. La région devance Provence-Alpes-Côte d'Azur, deuxième avec 67,1/100 malgré un immobilier particulièrement cher, puis la Nouvelle-Aquitaine, troisième avec 64,9/100. Suivent la Corse, la Bourgogne-Franche-Comté, l'Occitanie, les Pays de la Loire, le Grand Est, la Normandie, le Centre-Val de Loire et l'Auvergne-Rhône-Alpes. L'Île-de-France et les Hauts-de-France ferment la marche. De là à commencer à regarder les maisons à vendre dans le Finistère, il reste quand même quelques années.
Un classement à prendre avec un peu de recul
Avant d'envoyer Mamie faire ses cartons pour Quimper, petite nuance importante : ce palmarès ne signifie évidemment pas qu'il fait objectivement moins bon vivre à la retraite dans les Hauts-de-France. L'étude est réalisée par BrokerChooser, un site privé de comparaison de services financiers, à partir d'une sélection de six indicateurs. Elle ne prend donc pas en compte tout ce qui peut compter au moment de choisir son lieu de retraite : proximité de la famille, offre culturelle, transports, littoral, tissu associatif, coût quotidien ou simplement attachement à sa région. Elle offre plutôt une photographie comparative à partir de critères précis. Et sur ceux retenus cette année, difficile de sauver les meubles : les Hauts-de-France sont bel et bien derniers. Heureusement, aucune étude ne semble encore avoir intégré la proximité d'une bonne baraque à frites dans son calcul. On demande officiellement un recomptage.
