Il y a des restaurants dont on entend parler pendant des années avant d’y mettre enfin les pieds. L’Arbre fait partie de cette catégorie. Une adresse un peu à part, posée au milieu de la campagne, où l’on vient autant pour l’assiette que pour le sentiment de déconnexion qu’elle procure.
Une institution de la Pévèle au milieu des pavés du Paris-Roubaix
Pour y arriver, il faut d’abord quitter Lille, laisser derrière soi les embouteillages, les façades alignées et le bruit de la ville. Puis les routes deviennent plus étroites, les champs apparaissent et les paysages changent de rythme.
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Au détour du célèbre Carrefour de l’Arbre, l’un des passages mythiques de Paris-Roubaix, surgit cette imposante bâtisse de briques rouges. Depuis des décennies, le lieu fait partie du paysage local. Les cyclistes le connaissent bien, les habitants de la Pévèle aussi. À l’intérieur, quelques clins d’œil rappellent d’ailleurs l’histoire du lieu avec la mythique course cycliste. Il n’est pas rare non plus de voir des groupes de cyclistes venir s’y attabler après une sortie. Avec style, évidemment.
Benoît Bernard a repris les commandes et imprimé sa patte
Depuis septembre 2025, c’est le chef Benoît Bernard qui a repris les rênes de l’établissement. Un nom que les amateurs de gastronomie lilloise connaissent forcément puisqu’il est passé par La Laiterie et Les Toquées. Et dès les premières minutes, le ton est donné. Pas de cérémonial inutile, pas de discours récité. Le chef tutoie volontiers ses clients, passe de table en table, plaisante, échange et raconte ses producteurs comme il parlerait de vieux copains. Ce qui est souvent le cas d’ailleurs. Sa philosophie est simple : travailler de beaux produits, sans les déguiser inutilement.
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Une cuisine généreuse qui remet le produit au centre de la table
À L’Arbre, on ne cherche pas à impressionner avec des effets de manche. L’idée est plutôt de rappeler à quel point un produit bien choisi et bien travaillé peut suffire à créer une belle émotion. Pendant notre déjeuner, cela passait par des tomates dont on avait presque oublié le vrai goût, une charcuterie basque remarquable, un lieu noir pêché sur la côte accompagné d’un caviar d’aubergine à l’encre de seiche ou encore une canette rôtie servie avec un jus délicatement parfumé à la badiane. Une cuisine lisible, généreuse et précise. Et derrière chaque produit, on retrouve souvent des producteurs, des vignerons ou des artisans que le chef connaît personnellement. Pas par effet de mode ou pour cocher une case marketing. Simplement parce qu’il aime savoir avec qui il travaille.
Des desserts qui racontent aussi le Nord
La belle surprise arrive également au moment du dessert. Aux commandes de la partie sucrée, la pâtissière Héléna Haulbert signe notamment un délicieux abricot rôti au miel et au thym, parfait pour terminer le repas sur une note légère et estivale. Mais la star de la maison reste sans doute le Pavé du Paris-Roubaix, un dessert directement inspiré du territoire. Dans l’assiette, on retrouve de la vergeoise, de la chicorée, de la bière noire de la brasserie Célestin, du malt de la brasserie Thiriez et une pointe de noisette. Un dessert gourmand qui réussit à raconter les Hauts-de-France en quelques bouchées.
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Une terrasse qui donne envie de prolonger le déjeuner
Quand le soleil est de la partie, difficile de résister à la terrasse. Entourée de verdure, au calme absolu, elle offre exactement ce que l’on vient chercher ici : une vraie coupure. On s’attarde un peu plus longtemps qu’on ne l’avait prévu, on commande un café supplémentaire, on refait le monde. Et finalement, c’est peut-être ça qui résume le mieux L’Arbre. Une maison de campagne où l’on mange très bien, sans prétention, avec des produits choisis avec soin et une équipe qui aime recevoir. À seulement vingt minutes de Lille, l’adresse a tout du refuge gourmand que l’on se recommande entre amis.
