Vous pensiez devoir attendre les Journées du Patrimoine françaises pour jouer les petits curieux ? Nos voisins belges ont une longueur d'avance. Une semaine avant Lille, la Wallonie organise son propre week-end consacré au patrimoine, les samedi 12 et dimanche 13 septembre 2026. Et cette 38e édition a justement décidé de mettre l'accent sur les lieux d'exception et ceux qui ne s'ouvrent que très rarement au public. Pendant deux jours, l'accès aux activités inscrites au programme est gratuit, même si certaines visites nécessitent une réservation préalable. Pour les Lillois, on a donc fouillé le programme avec une mission très simple : trouver les plus beaux châteaux accessibles en moins d'1h30 environ. Sortez la calèche.
Le château de Bois-Seigneur-Isaac, normalement réservé aux groupes
Celui-là est probablement l'une des meilleures raisons de traverser la frontière. À Ophain-Bois-Seigneur-Isaac, près de Braine-l'Alleud, se cache un château dont les origines remontent au Moyen Âge. L'ancienne forteresse a été transformée au XVIIIe siècle en demeure de plaisance, avec une élégante façade classique. Une tour percée de meurtrières rappelle cependant son passé beaucoup moins paisible. Depuis 1810, le domaine appartient à la famille Snoy et conserve notamment portraits de famille et souvenirs liés à l'histoire belge et européenne. Et surtout : le château ne se visite habituellement par le grand public qu'à de très rares occasions. Le reste de l'année, les visites sont organisées sur rendez-vous pour les groupes. Les 12 et 13 septembre, plusieurs visites guidées permettront exceptionnellement d'en découvrir l'intérieur, ainsi que les jardins et le parc aux arbres remarquables. La réservation en ligne est obligatoire et les groupes sont limités à 25 personnes.
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À Waterloo, un château privé ouvre exceptionnellement ses portes
Autre pépite : le château d'Argenteuil, à Waterloo. Et ici, l'ouverture a réellement quelque chose d'exceptionnel puisque le domaine est habituellement fermé au public. Construit en 1856 pour Ferdinand de Meeûs par l'architecte Jean-Pierre Cluysenaar, le château impressionne autant par ses dimensions que par son parc. Ce dernier fut dessiné par Édouard Keilig, également paysagiste du bois de la Cambre à Bruxelles. Aujourd'hui occupé par l'École européenne de Bruxelles-Argenteuil, l'édifice a conservé la disposition de ses pièces. Pendant les Journées du Patrimoine, les professeurs et élèves feront découvrir le château, sa galerie, son parc ou encore sa grotte. Une vraie incursion dans une propriété que l'on n'a normalement aucune raison de pouvoir visiter. Les visites guidées sont gratuites mais sur réservation.
À Tournai, le parc d'un château des XVIIIe et XIXe siècles se dévoile
Pas besoin d'aller aussi loin pour s'offrir une petite parenthèse aristocratique. À une trentaine de minutes de Lille, direction Froyennes, aux portes de Tournai, pour découvrir le domaine du château de Beauregard. Remanié au fil des générations, le château mêle des éléments des XVIIIe et XIXe siècles et se cache au milieu d'un grand parc paysager ponctué d'arbres remarquables et de dépendances anciennes. Attention cependant : ici, c'est bien le parc qui sera ouvert à la découverte, et non les intérieurs du château. Les samedi 12 et dimanche 13 septembre, de 10h à 16h, un parcours libre permettra d'explorer le domaine à l'aide d'une brochure retraçant son histoire, ses anciens aménagements et les restaurations prévues. Une brochure-jeu sera également proposée aux enfants. Et tant qu'à être à Tournai, le week-end réserve quelques autres ouvertures assez folles, dont la tour Henry VIII, vestige de l'époque où Tournai fut anglaise et habituellement inaccessible au public.
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À Néchin, les vestiges d'un château médiéval sortent de l'ombre
Encore plus proche de Lille, le château de la Royère, à Néchin, offre une version beaucoup plus médiévale de l'escapade. Il n'en subsiste aujourd'hui qu'une partie, mais les ruines permettent encore de lire l'organisation de cet ancien ensemble castral composé d'une basse et d'une haute cour, autrefois protégées par des fossés. Son enceinte polygonale actuelle remonte au début du XIVe siècle, peu après la bataille des Éperons d'or de 1302. Classé, le site constitue aujourd'hui un rare témoin de ce type de fortification médiévale en Wallonie et figure parmi les lieux ouverts pendant le week-end. On est moins dans Downton Abbey, davantage dans chevaliers, murailles et envie soudaine de parler en ancien français. Ça nous va aussi.
Un week-end entier pour fouiller le patrimoine wallon
Et les châteaux ne représentent qu'une petite partie du programme. Tournai, Ath et plus largement le Hainaut ouvrent aussi des tours médiévales, édifices religieux, anciennes demeures, moulins et bâtiments généralement inaccessibles. À Tournai, on pourra par exemple pénétrer exceptionnellement dans la tour Henry VIII, découvrir les sous-sols du Fort Rouge lors de visites qui affichent déjà complet, ou profiter de l'ouverture du tout nouveau Carré Janson et de son rooftop avec vue sur la cathédrale. Le principe des Journées du Patrimoine wallonnes est justement là depuis des décennies : rendre gratuitement accessibles des monuments, ensembles architecturaux et sites patrimoniaux, y compris des endroits habituellement fermés. Et visiblement, l'idée plaît : l'événement existe depuis 1989 et rassemble chaque année des centaines de propositions à travers la région. Moralité : le week-end du 12 septembre, on laisse Lille derrière nous quelques heures et on va mettre notre nez là où, d'habitude, on n'a pas le droit d'entrer.
Journées européennes du Patrimoine en Wallonie
Samedi 12 et dimanche 13 septembre 2026
Programme officiel des Journées du Patrimoine 2026
