En surface, Arras affiche fièrement ses façades flamandes, son beffroi et ses pavés parfaitement alignés. Sous vos pieds, l’ambiance change légèrement : des kilomètres de galeries plongées dans la pénombre dessinent une seconde ville, invisible et franchement fascinante.
Une ville souterraine creusée il y a plus de mille ans
On les appelle les Boves d’Arras. Derrière ce nom se cache un vaste réseau de carrières souterraines creusées dans la craie à partir du IXe siècle pour extraire la pierre nécessaire à la construction de la ville. Les galeries se développent sur trois niveaux, respectivement situés à environ 4, 8 et 12 mètres sous terre. L’ensemble formerait près d’une vingtaine de kilomètres de passages sous les rues et les places d’Arras. Autant dire qu’au-dessus, on peut boire tranquillement son café sans imaginer une seconde le gruyère historique qui s’étend sous la terrasse.
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Des carrières devenues caves, entrepôts puis refuges
Lorsque l’extraction de la craie cesse, les Boves ne sont pas abandonnées pour autant. Elles deviennent des caves et des espaces de stockage pour les commerçants installés sur les places d’Arras. Leur fonction change une nouvelle fois avec les conflits. Durant la Première Guerre mondiale, les souterrains sont utilisés par les soldats lors de la bataille d’Arras. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la population vient également s’y abriter durant les bombardements. Ces galeries ont ainsi accompagné près de douze siècles d’histoire locale, changeant d’usage selon les besoins des habitants. Des traces et aménagements visibles au cours de la visite permettent aujourd’hui de comprendre comment cet immense réseau a traversé les époques.
Une plongée à 12 mètres sous l’Hôtel de Ville
La visite commence directement dans le sous-sol de l’Office de Tourisme, installé dans l’Hôtel de Ville. Casque vissé sur la tête, on quitte progressivement l’agitation de la place des Héros pour descendre à 12 mètres de profondeur. Pendant environ 45 minutes, un guide accompagne les visiteurs dans un circuit aménagé au milieu des anciennes carrières. La lumière se fait plus douce, les parois de craie se resserrent par endroits et la température chute rapidement. Même en plein mois d’août, mieux vaut donc prévoir un pull plutôt que compter sur la chaleur accumulée sur les pavés. La visite se déroule en petits groupes de 18 personnes maximum, ce qui permet de progresser tranquillement et d’entendre les nombreuses anecdotes qui rythment le parcours.
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L’un des secrets les mieux gardés d’Arras
Les Boves sont aujourd’hui l’une des visites les plus étonnantes à faire à Arras. Pourtant, depuis la surface, presque rien ne laisse deviner leur présence. On peut ainsi passer de la lumineuse Grand-Place aux profondeurs de la ville en quelques minutes, puis ressortir pour admirer le beffroi avec un regard légèrement différent. Une escapade particulièrement agréable en été, lorsque la fraîcheur naturelle des galeries offre une pause bienvenue. Et puisqu’Arras se trouve à environ 50 minutes de Lille, la visite se combine très facilement avec une journée dans le centre historique. Quelques façades baroques, un passage sous terre et une terrasse au retour : le programme se défend plutôt bien.
Les infos pratiques
Les Boves d’Arras sont accessibles depuis le sous-sol de l’Office de Tourisme, situé dans l’Hôtel de Ville, place des Héros à Arras. Les visites guidées ont lieu tous les jours, avec des départs réguliers de 10h à 12h puis de 14h à 18h. Elles durent environ 45 minutes et accueillent jusqu’à 18 personnes. La réservation en ligne est vivement conseillée. Le plein tarif est fixé à 6 €. Le tarif étudiant, réduit et réservé aux jeunes de 6 à 18 ans est de 3,70 €. L’accès est gratuit jusqu’à 5 ans. Le port du casque et d’une charlotte, tous deux fournis sur place, est obligatoire. Prévoyez un vêtement chaud et de bonnes chaussures. Le parcours n’est pas accessible aux personnes à mobilité réduite et les chiens ne sont pas admis.
