Boiseries d’origine, vitraux anciens, plats de grand-mère et ambiance de vraie brasserie lilloise… ici, le temps semble avoir décidé de ralentir.
La plus ancienne brasserie de Lille
Quand André Paris fait construire son immeuble au 69 rue de Béthune en 1922, le quartier sort tout juste des destructions causées par les bombardements de 1914. Deux ans plus tard, il y ouvre un café-restaurant baptisé “Chez André”, qui deviendra très vite la célèbre Brasserie André. Pour le décor, il voit grand : lambris en chêne massif, plafond travaillé, vitraux, mosaïque au sol, cuivres anciens… le tout confié à l’entreprise belge Décoene, déjà réputée pour ses plus belles réalisations dans le Nord. Et le plus fou ? Presque rien n’a changé depuis.
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Une adresse restée dans son jus, vraiment
Quand on entre, la sensation est immédiate : on dirait que le lieu a été mis sur pause il y a cent ans. Christophe, le directeur de la maison, le confirme : “Tout est resté vraiment comme il y a 102 ans maintenant.” Quelques boiseries ont été restaurées après qu’une bombe ait traversé le plafond sans exploser pendant la guerre, mais l’âme du lieu, elle, n’a jamais bougé. Même les vitraux du fond sont encore d’origine, tout comme l’hélice d’avion en bois offerte à l’époque par l’amicale des aviateurs de Lille, quand la brasserie servait de point de rencontre à la Société Aéronautique. Nous sommes presque dans un décor de film.
Welsh, filet américain et plats qu’on ne voit plus ailleurs
Côté assiette, même logique : ici, pas question de courir après les tendances. Les stars indétrônables de la carte restent le Welsh et le filet américain, deux plats que la maison n’a jamais réussi à retirer. “Si on essaie de les enlever, ça ne plaît pas”, sourit Christophe. Et visiblement, il n’y a pas un seul service sans qu’ils soient commandés.
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Mais ce qu’on aime aussi, c’est retrouver ces plats devenus rares ailleurs : tournedos Rossini, harengs fumés, rognons, vol-au-vent… et cette délicieuse crêpe flambée qui a clairement des airs de madeleine de Proust. Une cuisine généreuse, réconfortante, qui assume totalement son côté intemporel.
Pourquoi les Lillois y reviennent toujours
Le succès tient autant à l’assiette qu’au souvenir. Beaucoup reviennent ici parce qu’ils y venaient déjà avec leurs parents, leurs grands-parents, parfois même leurs arrière-grands-parents. Il y a ce côté refuge, presque affectif.
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Après le Covid, Christophe l’a encore plus ressenti : les gens avaient besoin de retrouver des plats réconfortants, du vrai, du solide, du familier. Ajoutez à ça des produits soigneusement sélectionnés, des huîtres impeccables, des viandes travaillées avec des producteurs locaux, et cette ambiance sonore unique quand la salle est pleine… et vous comprenez pourquoi la Brasserie André reste une institution.
Une adresse qui appartient un peu aux Lillois
Jean Dujardin, Virginie Efira, des artistes de cinéma, des générations de comédiens et de clients fidèles y sont passés. Mais surtout, la Brasserie André appartient à ceux qui y ont leurs habitudes. C’est ce genre d’endroit qu’on recommande presque à voix basse, comme un petit secret pourtant connu de tout le monde. Et franchement, dans une rue de Béthune qui change sans cesse, voir une adresse tenir debout depuis plus d’un siècle a quelque chose d’assez rassurant.
