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Bordeaux : 1000 personnes ont manifesté hier soir contre la loi "sécurité globale"

  • La Rédac'
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  • Publié le 18 Novembre 2020 à 08h35
Instagram - Marina Bourdais

L'examen du très controversé projet de loi de sécurité globale a débuté ce mardi 17 novembre à l'Assemblée nationale. À Bordeaux, les opposants se sont donné rendez-vous hier sur le Parvis des droits de l'Homme à 18h pour dire non à cette loi que beaucoup considèrent comme liberticide.

Depuis plusieurs jours, la loi sur la Sécurité globale fait polémique. En cause, l'article 24 du projet de loi qui prévoit d'interdire la diffusion d'images qui permettent d'identifier un fonctionnaire de police dans le cadre d'une opération de police si cette diffusion a pour but de porter atteinte à son intégrité physique ou psychique. À l'appel de plusieurs collectifs, les personnes rassemblées ont dit "non" ce mardi 17 novembre devant le Palais de justice à la loi de sécurité globale, qui revient à rendre quasiment impossible la diffusion en direct d'images de manifestations.

Un contexte particulier

Depuis plusieurs mois, les violences policières sont particulièrement décriées et dénoncées, notamment grâce à plusieurs vidéos servant de témoignages au monde entier. En effet, les manifestations des Gilets jaunes en France ainsi que l'hommicide de Georges Floyd aux États-Unis ont largement contribué à ranimer l'éternel combat contre les violences policières. C'est dans ce contexte tourmenté de méfiance accrue de la population envers les forces de l'ordre que la loi sur la sécurité globale est sur le point d'être votée.


Une loi liberticide ?

Parmi les nombreuses dispositions qui font déjà débat, l’article 24 de cette proposition de loi anime particulièrement l'opinion publique. En effet, celui-ci interdit à toute personne de diffuser « l’image du visage ou tout autre élément d’identification d’un fonctionnaire de la police nationale ou d’un militaire de la gendarmerie nationale, autre que son numéro d’identification individuel, lorsqu’il agit dans le cadre d’une opération de police » et que cette diffusion a pour « but qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique ».

D'une part, se pose la question du comportement des policiers dans l'exercice de leurs fonctions s'ils savent pertinemment qu'ils ne peuvent pas être filmés. En effet, dans certaines situations, l'image peut être un rempart puissant contre les différentes bavures et agressions. D'autre part, depuis quelques années, l'image s'érige en témoin des violences policières ; des preuves souvent indispensables pour les victimes de ces abus.


Un rassemblement pacifique 

« Cette loi ne ferait qu'aggraver la répression inouïe que subissent déjà depuis plusieurs années de nombreux secteurs de la société. Avec cette loi, aurait-on seulement eu connaissance de l'affaire Benalla ? Il est urgent de réagir pour que les violences policières ne soient pas passées sous silence, pour conserver des contre-pouvoirs citoyens nécessaires en démocratie et dans un État respectueux du droit international », indiquent les organisateurs dans leur appel. Ce rassemblement pacifique a eu lieu simultanément dans plusieurs villes de France. Hier marquait également les 2 ans du mouvement des Gilets Jaunes. À cette occasion, un autre rassemblement avait lieu place de la Bourse.

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