La Cour de Nana : la première cantine syrienne du centre-ville 

Dima Chaban en a eu l'idée il y a deux ans. Et après quatre longs mois de travaux, La Cour de Nana a ouvert ses portes à Bordeaux sur le cours Victor-Hugo, pour le plus grand bonheur de sa fondatrice très heureuse du démarrage, et des bordelais déjà sous le charme de l'adresse orientale. Entrez dans cette cantine engagée et découvrez-y un univers cosy et bienveillant, qui raconte de bien belles histoires.

Un voyage sensoriel


C'est dès la porte du restaurant franchie que le voyage commence. La grande vitrine ornée de guirlandes lumineuses cache bien des secrets. En arrivant, nos sens sont en éveil. D'abord celui de la vue, avec une déco qui respecte les codes des maisons traditionnelles syriennes et nous emporte immédiatement sur place. Des magnifiques carreaux habillent le sol et un plafond de jasmin subliment les murs blancs épurés, ornés de miroirs à volets à l'instar des kasbahs typiques.

Quand on avance dans le restaurant, on y découvre un petit coin salon, dans lequel se love une grande bibliothèque arborant des livres scrupuleusement choisis par la tenancière, un poil féministe. La plus grande surprise est, sans ambages, la cour nichée à l'arrière et sa petite fontaine traditionnelle, qui nous fait attendre avec impatience les beaux jours. La musique syrienne justement sélectionnée par la tenancière interpelle notre ouïe. L'odorat, lui, est de loin les plus stimulé à la découverte des effluves orientales épicées qui se dégagent de la cuisine.  



Des plats familiaux généreusement préparés (et revisités)

La cuisine, parlons-en, nous sommes là pour cela après tout. L'ambition principale de Dima ? Mettre la culture syrienne à l'honneur et utiliser la gastronomie pour la valoriser. La cuisine devient ainsi « un prétexte pour créer du lien » et « faire parler de la Syrie différemment » qu'au travers des récits tragiques des médias. La carte est sans cesse renouvelée, pour nous faire vivre un voyage différent à chaque venue. Et à toute heure, car l'adresse sert en continu.

Le best-seller ? Le brunch au tarif surprenant de 21€, qui nous emporte à la découverte de mezzés, de pitas, et de toutes autres mignardises, plus surprenantes et exquises les unes que les autres. Les plus pressés pourront s'arrêter une petite heure, goûter au Sahlab (boisson épaisse lactée hivernale par excellence) accompagné de quelques Atayef (petites crêpes de ricotta, pistache et fleur d'oranger). Le tout dans un cadre chaleureux, où l'on se sent comme à la maison mais en mieux. 

Une aide aux femmes réfugiées

Mais la véritable plus-value de l'adresse réside dans sa dimension solidaire. Diplômée en marketing responsable et en communication, Dima devait faire un doctorat sur les réfugiés, qui n'a finalement pas vu le jour. Déçue mais passionnée par l'humanitaire, elle a alors construit son projet autour de son envie « d'améliorer la situation à son échelle ». La jeune femme, débordante d'energie et d'altruisme espère faire changer le regard sur les réfugiés, en les employant à ses côtés.

Soirées musicales et café-débats

La cheffe en cuisine, celle qui œuvre quotidiennement derrière les fourneaux pour régaler nos papilles, est arrivée en France il y a 3 ans. Dima l'a employée pour l'accompagner dans son insertion et contribuer à son intégration. Par son climat aussi bienveillant, La cour de nana est en réalité un « intermédiaire pour leur donner la parole ». Très engagée dans ce projet d'accompagnement, Dima souhaite faire de son restaurant un tremplin et, à long terme, obtenir le label d'entreprise d'insertion, une consécration pour elle. Ses projets ne s'arrêtent pas là, elle prévoit également d'organiser des soirées musicales et cafés-débats pour donner aux réfugiés l'opportunité de s'exprimer. Mais d'ici-là, régalons-nous ! 



La Cour de Nana
73 cours Victor Hugo – 33000 Bordeaux
Réservations conseillées au 0623745138 ou sur Instagram @lacourdenana
Lundi, mardi, (fermé le mercredi), jeudi et vendredi : 8h30-17h30
Samedi 9h30-18h30
Dimanche 10h-17h
Service en continu
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