6 films et séries à (re)voir cette semaine (11 janv)

Tous les mercredis, il se passe un truc spécial dans la vie des cinéphiles. Oui, vous. A la tombée du jour, ils sortent du trou obscur et maculé de popcorn qui leur sert d'habitat pour s'exposer à la lumière des lampadaires et se diriger clopin-clopant vers le cinéma le plus proche. Comme on vous aime bien, amis cinéphiles - aussi chelou soyez-vous -, on détaille pour vous dans les pages qui suivent nos trois films de la semaine, un docu, un classique et une série, même si c'est sacrilège. 


En salles cette semaine

On commence par les mauvaises nouvelles, c'est mieux. Le huitième film de Sean Penn, The Last Face, a l'air tout pourri : l'histoire de deux médecins humanitaires (Javier Bardem et Charlize Theron) qui tombent amoureux au Libéria, car même au milieu des machettes et des enfants décharnés assaillis par les mouches, l'amour triomphe. A part cette grosse catastrophe, rien de bien méchant avec en vrac : Matt Damon qui défend La Grande Muraille de Chine avec son arc et ses flèches contre des hordes de dragons (WTF ??) semble-t-il, Depardieu en Staline se prenant pour Freud dans Le Divan de Staline, un biopic sur Dalida qu'a l'air pas trop mal mais dont on nous rabat un peu trop les oreilles depuis deux mois, Edouard Baer et ses potes, un singe et la nuit parisienne (Ouvert la nuit) et un excellent film sur la fin de l'esclavage (The Birth of a Nation) dont on ne voit pas du tout le rapport entre la sortie et la fin du mandat d'Obama, et enfin le sublime portrait d'une ado boxeuse découvrant peu à peu la danse (The Fits). Circulez, y'a des trucs à voir plus bas.


La Mécanique de l'ombre, de Thomas Kruithof

J'ai eu beaucoup de mal à choisir quel film français j'allais mettre à l'honneur entre celui-ci, Dalida et Ouvert la nuit. J'ai choisis celui-là finalement pour plusieurs raisons : déjà, il a bénéficié de vachement moins de promo que les deux autres, ce qui est loin de signifier qu'il est moins bon. Ensuite, y'a Cluzet et Podalydès (entre autres) dedans, ce qui laisse présager d'un casting de qualité et de dialogues savoureux. Enfin, il semble qu'on ait affaire là à un bon vieux film d'espionnage à la française, où on nous donne du « M. Duval » à tour de bras, avec des mecs qui font peur mais de façon insidieuse, une ambiance sombre et coupante, des impers gris et le bruit d'une machine à écrire. V'voyez le truc ?


Harmonium
, de Kôji Fukada

Désolé, j'ai vraiment un faible pour le cinéma asiatique. J'ai pas à m'excuser de toute façon, le racisme anti-asiat' gratos c'est fini apparemment. On n'a plus le droit. Aujourd'hui la mode, c'est de reconnaître que ces gens-là ont des tas de trucs à nous apporter, notamment dans les domaines culturels. Alors soyons attentifs, allons voir ce qu'ils proposent. Ici, un thriller psychologique à la beauté lente et sensible, où un ouvrier modeste et tranquille héberge et offre un travail à un vieil ami sorti de prison récemment. Ça sent la dette morale tout ça, et le chef-d'œuvre de subtilité contemplative. Sayônara ! (Aucun racisme ici, juste le nom du prochain film du bonhomme, à surveiller de près)


Born To Be Blue
, de Robert Budreau

Pas fan des biopics de musiciens habituellement, j'ai dû réviser mon avis à la vue du trailer de ce film sur le célèbre trompettiste Chet Baker. Ethan Hawke y est prodigieux, suave, passionné, lui que j'ai toujours considéré comme un acteur sous-coté. Si vous aimez le jazz, si vous aimez les femmes et la drogue, ou tout simplement si vous aimez le bon cinéma, précipitez-vous vite dans l'une des trop rares salles qui passent ce très beau film.


En page 2, une série, un docu et un classique !