Rencontre : Arthur Ely, audacieux strasbourgeois qui sera bientôt dans tous les casques

© Hector Di Napoli

"Le rap game, bah j’en ai rien à foutre, moi j’écris des chansons" : rencontre avec l'effronté charismatique Arthur Ely, dont on attend le premier EP.

Certains parlent déjà de lui comme d'une graine de rock star. On dira plutôt d'Arthur Ely qu'il détonne carrément dans le paysage musical actuel tout en s'amusant à en tirer toutes les ficelles. Dans sa musique, il y a tout ce qui le compose, des riffs saturés d'Hendrix qui l'ont poussé à se saisir des guitares de son père quand il était jeune aux accords chantants ou moroses de la musique classique, en passant par le jazz manouche et les artistes qui tournent dans son casque, entre Flavien Berger, Stromae et Kalash Criminel.

Vous l'avez peut-être découvert avec son dernier clip, qui illustre le titre "Le Dernier Homme", un morceau captivant où l'artiste strasbourgeois se met en scène comme dans l'autobiographie exacerbée d'un personnage fantasmé, invoquant muses langoureuses et punchlines insolentes, le tout sur une prod ultraléchée où rap et chanson s'entremêlent. Dans ce morceau – qu'il a écrit seul –, il pousse l'ego trip à son paroxysme. Un thème dans lequel il est particulièrement à l'aise :

« Ce morceau, c'est une partie de moi. L'autodérision m'intéresse beaucoup et je me sens plus libre dans l'ego trip que dans des morceaux davantage poétiques, que je trouve souvent un peu fake. L'ego trip m'a permis de parler de trucs plus concrets, de ma vie. Ça permet aussi d'être plus décalé, et je trouvais plutôt marrant l'idée de mélanger ça avec des choses plus lyriques comme les muses. »

Un morceau abouti et attrayant, auquel on trouve déjà le charme d'un tube. Mais le jeune artiste n'en est, selon lui, qu'à l'aube de là où il souhaite que ses ambitions le mènent. Au contact d'Arthur on sent que, dans sa tête, ça file à 200 à l'heure, et sa musique doit suivre et lui ressembler. Il faudra donc forcément qu'elle soit unique en son genre tout en étant imbibée d'influences diverses et variées.

« 'Le Dernier Homme' n'est que la première étape de ce que j'ai envie de faire musicalement. Je suis un artiste de variété. Ici, je m'inspire de la chanson et du rap, et dans ce titre on distingue le mélange des genres. À terme, j'aimerais toucher un public plus large et parler à tout le monde sans avoir d'identité musicale précise. J'ai envie de faire de la soupe géniale. »

Arthur Ely est un personnage dans tout ce qu'il peut avoir de charismatique et d'audacieux, tout en ayant la sincérité et la candeur d'une âme simplement motivée par des ambitions qui lui sont venues naturellement. En effet, tout ce qu'il a entrepris musicalement, ce sont ses tripes qui lui ont dicté. 

« J'assume le fait d'avoir envie d'être une rock star. Quand j'ai commencé à faire de la musique, j'ai senti que ce que je voulais faire venait des tripes. J'ai toujours voulu sortir du lot et je l'assume, ce n'est pas pour être le meilleur, c'est plutôt la passion un peu débile de vouloir être au-dessus de la masse. En même temps, c'est un sentiment assez humain. Je veux faire de l'art, être une rock star et être fier de la manière dont je le suis devenu. »

© Mathilde et Elliott

Cette volonté de notoriété lui est apparue en même temps qu'il a commencé à faire de la musique, c'est-à-dire, selon ses mots, assez tard. Au lycée, après une blessure au dos qui l'empêchera de continuer le tennis qu'il pratiquait depuis dix ans, il s'empare d'une des guitares de son père. Au même moment, il rencontre ses amis actuels, musiciens eux aussi. Commence alors son flirt avec la musique, la production et la volonté de se lancer en solo.

« Après avoir découvert la guitare, au lycée, j'ai fait du son non-stop et ai joué dans des groupes. Je composais aussi pas mal de chansons avec un pote. Un an après mon bac, je suis parti à Paris et je me suis lancé dans une licence de médiation culturelle tout en continuant à faire de la musique. Quand j'ai commencé à écrire mes propres sons, il y a un peu plus d'un an, je me suis demandé si je préférais jouer dans un groupe ou produire seul. J'ai décidé de continuer seul. »

S'il a commencé en jouant dans des bars uniquement accompagné de sa guitare, l'artiste originaire de la Robertsau est rapidement tiraillé entre tous les genres qui l'influencent. « J'ai commencé à écrire naturellement des choses pop, influencées par le jazz manouche, la soul et le blues. Finalement, j'ai complètement penché dans le rap. Si ça se trouve, dans deux-trois ans, j'aurai réussi à intégrer toutes ces influences dans ma musique », confie-t-il.

Justement, après l'ego trip décalé du titre "Le Dernier Homme", qu'est-on en droit d'attendre du premier EP d'Arthur ? Il faudra attendre octobre pour le savoir. On penche pour un projet mûr mais pas forcément sage, des morceaux qui accrochent mais où les limites entre genres musicaux seront redéfinies, des paroles aux airs de punchline qui n'hésiteront pas à piocher dans des registres moins communs. Forcément, on a hâte, et ses morceaux risquent de finir dans nos meilleures playlists.

Arthur Ely est sur Facebook, sur YouTube, sur Spotify et sur Instagram. Il sera en concert à la Laiterie, en première partie de Thérapie Taxi, le 4 octobre. Autres dates à venir !