Les députés réautorisent les néonicotinoïdes tueurs d’abeilles

Enfin interdits en 2018 après une bataille de longue haleine, les néonicotinoïdes se voient à nouveau autorisés, après un vote le 6 octobre à l’Assemblée nationale.

Un pas en avant, deux pas en arrière. Le 6 octobre, les députés ont eu à choisir entre sauvegarde de la biodiversité et de l’environnement, et soutien économique à l’industrie agroalimentaire. Le choix a été fait, les néonicotinoïdes tueurs d’abeilles sont à nouveau autorisés pour « sauver la filière de la betterave ». Betteraves elles aussi touchées par une épidémie, celle de la jaunisse, causée par la prolifération d’un puceron vert vecteur de la maladie.

Selon les députés, pour sauver les betteraves, il n’existerait pas d’alternative à ces néonicotinoïdes destructeurs de la biodiversité. Le texte de loi voté affirme donc que la réintroduction de semences enrobées de néonicotinoïdes devrait permettre de protéger les futurs rendements, et ainsi protéger la filière sucrière française qui emploie 46 000 personnes.


Les néonicotinoïdes pas indispensables

Une filière est-elle plus importante que tout un écosystème ? Pas pour Jean-Luc Mélenchon, qui  s’est exprimé devant l’Assemblée. « Nous allons décider quelque chose de dangereux pour nos semblables, pour nos enfants, nos petits-enfants, et demain d’autres dérogations seront demandées ». Car si une dérogation au règlement européen sur les phytosanitaires est mise en place aujourd’hui sur les betteraves, rien n’empêche l’Assemblée de réaliser le même schéma plus tard sur le maïs ou sur d’autres céréales.

Pourtant les néonicotinoïdes, en plus de contaminer durablement les sols et l’eau, ne sont pas réellement indispensables, puisqu’avec ou sans eux, l’autosuffisance en sucre alimentaire de la France est assurée. Et plus ces derniers sont utilisés, plus les nuisibles deviennent résistants aux néonicotinoïdes. Un rétropédalage qui a tout faux.

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