Découvrez Haroun avec son spectacle Tous complices

  • La Rédac'
  • Spectacles
  • Publié le 30 Avril 2018 à 11h03

- Pour la première fois, le Bonbon déclare sa flamme à une école de journalisme, le Celsa, en s'associant avec son super webzine : Kulturiste, qui rassemble aujourd'hui près de 50 étudiants. Réunis par l'amour de la culture et de Paris, Kulturiste et le Bonbon s'associent pour vous présenter chaque semaine un regard original sur l'actualité culturelle parisienne. Cette semaine, cet article passionnant signé Julie Cornet. -


Sous ses allures de premier de la classe, Haroun nous embarque dans son humour noir qui semble répondre en toute simplicité à la traditionnelle question : « Peut-on rire de tout ? »

Vendredi dernier se tenait devant la salle comble du Théâtre de Lieusaint le jeune humoriste Haroun, étoile montante du one-man-show révélé au Jamel Comedy Club. Lunettes sur le nez, veste noire bien ajustée, Haroun arrive sur la scène avec son sourire cynique et ses blagues bien rodées. Loin des one-man-shows habituels, il abandonne la phase de prise de contact classique avec le public, et rentre directement dans le vif du sujet. Il se tient droit et immobile sur une scène vide, faisant de lui et de son texte les seuls éléments sur lesquels les spectateurs vont focaliser leur attention. Dès les premières phrases, le ton est donné : « 65% de musulmans à Béziers... Qui a voté pour Robert Ménard ? On est d'accord qu'il y a des traîtres ! ». Haroun saura nous faire rire de tout, même du pire.


On s’indigne parfois, mais on rigole toujours

Guerre en Syrie, attentats, racisme, réchauffement climatique, maladies, politique : tous les sujets tabous y passent, et sur le même ton. Et quand il sent qu’il va trop loin, il baisse la tête et touille dans son verre d’eau : « celle-là j’ai hésité, j’aurais peut-être pas dû… » avec un sourire en coin. L’humoriste apporte modestement son regard ironique sur notre société et les contradictions qui l’accompagnent avec un sens de l’absurde évident. Ce n’est pas pour rien que son spectacle s’intitule Tous complices : nous avons tous notre part de responsabilité.

Si l’on peut penser au début du spectacle que ses blagues sont trop préparées, laissant peu de place à la spontanéité, la suite du stand-up nous prouve tout le contraire. Haroun donne la parole à son public : « Que feriez-vous s’il ne vous restait que trois heures à vivre ? », nous prouvant ainsi sa capacité à rebondir et à improviser. Naissent alors des échanges inattendus et drôlissimes. Si les spectateurs sont intégrés au spectacle, ils rient d’autant plus. 


Peut-on réellement rire de tout ?

Par son humour particulièrement grinçant, Haroun semble réactualiser la question philosophique bien connue des lycéens : « Peut-on rire de tout ? »

Le rire paraît d’autant moins prompt à censurer qu’il permet une critique éclairante sur notre société et une dédramatisation certaine d’événements traumatisants, comme en témoigne ce one-man-show. Mais par-dessus tout, le rire est un fabuleux contre-pouvoir politique. C’est ce que nous a prouvé Coluche, et c’est ce que semble vouloir nous montrer Haroun avec Tous complices.

Alors la réponse ? Beaucoup diraient : « on peut rire de tout, mais pas avec tout le monde ». Pourtant ce soir-là, Haroun embarque tout son public avec lui, sans exception. Un humour libérateur, un moment réjouissant. À ne surtout pas manquer !


Texte : Julie Cornet

Fin des articles