Débats, cours d'aïkido et méditation : on a passé un après-midi avec Extinction Rebellion

© Manon Merrien-Joly

« Il est encore temps de décroître, de s'engager, de ralentir, d'aimer, de respirer », « village du nouveau monde », « urgence climatique » : le ton est donné dans la bouche du métro qui accède à la place du Châtelet, que les militants d'Extinction Rebellion (XR) occupent depuis l'après-midi du lundi 7 octobre. Ils ont recouvert de pancartes aux couleurs joyeuses les murs de la sortie n°16, pour inviter les passants à les rejoindre. Le Bonbon leur a rendu visite dans le cadre du deuxième jour de leur Révolution Internationale d'Octobre. 


Sous une pluie battante, on découvre quelques centaines de personnes au cœur d'une occupation quasi-tentaculaire. Sur la place, les cinq artères sont habitées par des petites tentes et des groupuscules qui, partout, échangent entre eux. Ils font partie de la mouvance réunie dans 60 pays du monde entier dans le but d'interpeller les chefs d'État à travers des actions coup de poing. 

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Au milieu, les passants traversent la place parfois les yeux rivés sur leur smartphone, parfois en s'arrêtant pour lire la "fresque pour le climat" et les nombreux panneaux d'information alertant sur la crise climatique et incitant les chefs d'État à agir pour enrayer le processus. Un peu plus loin, on trouve une épicerie de fortune faite de bâches et de palettes, une yourte de méditation, une autre pour la sieste ou encore un abri où tout un chacun vient se renseigner sur ses émissions carbone. 

Le groupe s'appuie sur des méthodes pacifiques et manifeste pour un ensemble d'actions visant à résoudre la crise écologique actuelle (entre autres) : reconnaissance de la gravité et de l'urgence de la crise, réduction immédiate des émissions de gaz à effet de serre, arrêt immédiat de la destruction des écosystèmes océaniques et terrestres, création d'une assemblée citoyenne chargée de décider des mesures à mettre en place et garante d'une transition équitable.

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Devant la fresque pour le climat, certains se relaient pour animer et expliquer en quoi l'eau peut absorber de moins en moins de carbone. Des débats se créent alors que tout près, un climatologue renseigne les badauds et les membres du mouvement sur les conséquences du réchauffement climatique. « Un monde vivable, c'est deux tonnes d'eqCo2 par an et par habitant. Les services publics en représentent déjà 1,5 tonnes et les biens de consommation 2,6 tonnes », résume Quentin, un membre d'Extinction Rebellion Toulouse, venu pour l'occasion. De l'autre côté commence une session d'initiation à l'aïkido. 

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On y croise qui ? Des jeunes, des vieux, des hommes et des femmes de tous profils, impossible de délimiter un portrait type. Un peu partout, les Peace Keeper, reconnaissables à leurs gilets oranges, sont missionnés pour avertir les passants et les touristes (mi amusés, mi-agacés) de la présence du mur anti-émeute, installé la veille par la police, et les invitent à contourner la place. « Il y a même des flics qui sont venus nous remercier de les aiguiller ! », s'amuse Quentin. Contrairement aux violentes répressions qui ont eu lieu à Madrid, et au délogeage des manifestants à Sydney et l'incupaltion d'autres à Brisbane (Australie), les rapports entre la police et les protestants parisiens sont pacifiques.

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Le calme avant la tempête ? Si on leur a rendu visite hier et que l'ambiance était aux micro-concerts de musique et conférences, ce mercredi 10 octobre, plusieurs manifestants d'XR ont fait monter l'action d'un cran en investissant le McDonald's de la rue de Rivoli : 

Quelque chose nous dit qu'on n'a pas fini d'entendre parler du mouvement, toujours présent place du Châtelet et toujours présent « jusqu'à ce qu'[ils] soient entendus et que [leurs] exigeances soient entendues », affirme Quentin.

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