"Rendre visibles les invisibles", le combat de Sans A

En mars 2014, jeunes journalistes et étudiants ont pris l’initiative de fonder un média associatif consacré exclusivement aux personnes en situation de précarité. Par leur action bénévole et pleine de bonne volonté, ils ont tenté depuis un an déjà de changer notre regard sur les sans-abri en livrant leurs récits. 

"Rendre visibles les invisibles", c’est un pari risqué mais réussi que se sont lancés les fondateurs de ce média associatif, Sans A. Quels que soient leurs milieux et origines sociales, leurs confessions ou leurs couleurs politiques, cette initiative solidaire développée par des jeunes citoyens est avant tout la promesse de poser un visage sur la précarité et de trouver des solutions durables pour venir en aide aux plus démunis. Au delà d’une simple association d’aide aux sans-abri, Sans A est avant toute chose un média qui se fait le portraitiste et le porte-étendard de la réalité de la rue et de ceux qui y habitent.

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Sans A comme sans argent, sans attention, sans avenir… Sans A retrace le quotidien et la vie dure que mènent les quelques 30 000 sans-abri que compte notre capitale. À travers des portraits, des récits ou parfois de simples photographies, les membres de l’association tentent de lutter contre les préjugés et l’exclusion dont sont victimes les personnes en situation de grande précarité. Ils n’ont que les trottoirs comme chez-eux, les bancs du métro en guise de lit et vivent de la solidarité des passants et des associations. Ils sont là devant nous, quand nous prenons le métro ou que nous arpentons les rues de Paris, et sont bien souvent laissés dans l’ignorance sous le regard avide, gêné ou parfois méprisant des passants. Pourtant, tous les sans-abri ne sont pas marginaux, un tiers d’entre eux ont même un travail, la plupart ont de la famille, une histoire, un passé de citoyens ordinaires, de plus en plus sont des femmes...

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Parmi les fondateurs, on retrouve Martin Besson (à gauche sur la photo), 19 ans, étudiant en journalisme à Paris. Bien qu’issu d’un milieu social plutôt favorisé, il avoue ne pas rester impassible quant à la vie que mènent les gens de la rue, qu’on appelle plus communément SDF. Il explique la violence de la rue et son combat de tous les jours pour mettre en lumière la réalité de la vie des sans-abri, bien souvent victimes de préjugés. Son idée de s’attaquer aux stéréotypes liés à la précarité, il la doit à sa détermination et à sa soif de renverser les poncifs. Afin de traiter le sujet jusqu’au bout et dans le respect de la réalité, Martin a pris la décision de mener une expérience sociale le temps d’une semaine. Cette expérience vise à se glisser dans la peau d’un sans-abri, jour et nuit, dormir à la belle étoile sous les lampadaires parisiens et les regards pressés des piétons. Mais très vite il plie sous la dure réalité que représente le quotidien des personnes à la rue. Il n’a tenu qu’une simple journée. Le regard des gens, entre haine, pitié et dégoût, a suffi pour qu’il réalise l’ardeur de ce milieu qu’on ne choisit pas.

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Mais peine n’était pas perdue pour notre journaliste en herbe, sa ténacité et sa motivation lui ont permis d’exprimer son empathie autrement. C’est alors qu’est née Sans A. Grâce aux nouvelles technologies et notamment Facebook, Martin et les autres rédacteurs ont su allier réseaux sociaux et solidarité avec brio et ainsi permettre à leur cause d’être diffusée sur un plan plus large. Ils ont touché le cœur des lecteurs et concrétisé ce qu’il leur tenait le plus à cœur, aider les gens dans le besoin pour tenter de renverser les acquis sociaux et les idées toutes faites à leur égard. On ne peut que souhaiter à Sans A de continuer dans cette voix et de poursuivre leur lutte.

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