"Les imbéciles heureux", ces hippies modernes qui ne prennent pas de drogue

© Steve Schapiro : Bliss, Transformational Festivals & The Neo Hippie

Dans les années 60, après la guerre, un mouvement anti-consumériste en quête de nouvelles perceptions sensorielles naissait : les hippies. Issus de la génération baby-boom de l'après-guerre, les jeunes qui le constituaient ont aujourd'hui bien vieilli et fermé boutique, troquant couronnes de fleurs contre HLM en banlieue proche. Leurs successeurs, les Bliss ninnies, sont nés. A la différence des tauliers, ils prônent un mode de vie 100% sain et sont partisans du divin. 


Des néo-hippies sans psychotropes

Bliss ninnies, c'est donc le nom qui a été donné à cette communauté qui se trimballe à poil quand elle le peut et qui prône les câlins collectifs. Ces Imbéciles heureux (littéralement), à l'instar de leur prédecesseurs, sont motivés par la quête de la joie et la spiritualité. Comment sont-ils nés ? Eh bien, en vérité, explique Steve Schapiro, photographe et auteur d'un premier ouvrage sur les hippies des années 60 (Hippie in the Haight), « les hippies ne sont juste jamais morts. Le courant vit encore, il s'est seulement déplacé dans les zones rurales ». Pourtant, à la différence de ceux de l'après-guerre, ceux-là sont partisans de la vie saine. Toute drogue est proscrite. En effet, dans le monde merveilleux des Imbéciles heureux, on se contente de la nature et de l'amour.

Steve Schapiro, Bliss, Transformational Festivals & The Neo Hippie


Réalité alternative ou ultime vérité ?

Certains les prennent pour des tarés. Aux Etats-Unis, des puritains les taxent même de personnes « irresponsables, bizarres et sales ». Eux se considèrent simplement comme des hédonistes et des éternels optimistes. Ce que prônent avant tout les Bliss ninnies, c'est un mouvement de pensée libre. La méditation, les bonnes ondes, la célébration communautaire et la quête du divin sont leurs principales préoccupations. Et ici, le seul moyen pour atteindre la béatitude, donc, c'est par la transe. A la place des psychotropes et du calumet de la paix, on fait des danses spirituelles, on médite, on fait du yoga et on bouffe bio. La majeure partie de la communauté est d'ailleurs végétarienne et ne consomme que des aliments crus et non transformés.


Où les trouver ?

Inquantifiables, les Bliss ninnies vivent dans des campements reculés en pleine nature. Le reste du temps, les Imbéciles heureux sont quelque part entre un rassemblement pour la paix dans l'Oregon et Burning Man, dans des "festivals transformationnels". Pendant deux ans, de 2012 à 2015, Steve Schapiro a couru ces événements avec son fils. Il y a capturé des clichés des néo-hippies qu'il a ensuite réunis dans un ouvrage : Bliss : Transformational Festivals & the Neo Hippie. Dans ce dernier, il évoque l'idéologie d'un Imbécile, qui n'est « ni un catholique, ni un baptiste » et qui se revendique, au même titre, "festivalier"Pour cette nouvelle vague, en fait, la teuf (sans stupéfiants) est donc une religion à part entière.