Jain, l'étoile melting pop

Cet été, elle a déferlé sur les scènes des festivals. Quand elle monte sur scène, Jeanne, 23 ans, enfile sa robe noire et blanche et devient Jain. Une meuf orchestre autodidacte à la pop anglaise ourlée d'électro hyper rafraîchissante. Rencontre avec une jeune artiste en pleine ascension. 

Qu'est-ce qui se cache derrière ton pseudo ? Mon vrai nom c'est Jeanne, c'est assez proche. A 16 ans, j'ai composé ma première chanson. Je n'avais pas dit à mes amis que je faisais de la musique et j'appréhendais un peu d'avouer ce petit secret. Je suis tombée sur une phrase jaïniste qui disait « Ne sois pas désolé de perdre et ne sois pas fier si tu gagnes ». ça m'a fait réaliser que je n'avais pas à avoir peur. Je me suis lancée sur My Space et Jain est née.

Comment définirais-tu ce personnage ? C'est un personnage mais c'est avant tout moi ! Jain est optmiste, originale et pleine de contrastes. C'est une sorte de superwoman. J'enfile ma robe noire et blanche à chaque fois que je monte sur scène et la transformation s'opère.

Et que dirais Jain de Jeanne ? Jeanne est plus introvertie mais comme elle, c'est une dingue de musique. Elle écrit, compose chez elle et fait ses propres maquettes. Elle a créé son petit labo musical dès l'âge de 16 ans et continue de travailler sur son ordi avec des logiciels comme Abbleton, des boîtes à rythmes, synthés. Après, elle retrouve Maxime (Nucci, son producteur, ndlr) au studio.

Jain2(© Carcasse)

Ton premier clip Come est sorti en juin dernier. Peux-tu nous raconter son histoire ? Je l'ai composée au Congo. Je suis fille d'expatrié, donc mon père avait des missions de trois ans dans des pays différents. C'était assez difficile niveau amitié car tout le monde bougeait sans cesse. Il y avait énormément de rencontres et de séparations. J'ai écrit cette chanson, une des premières que j'ai composées, comme un appel pour faire revenir mes amis près de moi.

De quelle manière ces voyages ont-ils influencé ta musique ? J'ai fait de la batterie à Pau, deux ans de percussions arabes à Dubaï et de la batterie synthétique au Congo. J'adore tout ce qui est rythmique et percussif et m'imprégner des musiques locales. Et puis ma mère est à moitié malgache et j'ai toujours été énormément influencée par la musique africaine.

Quelles sont tes références musicales ? Ca a commencé d'abord par mes parents, qui écoutaient beaucoup de jazz et de musique française comme Bashung, Petruccianni... Ensuite au Congo, j'ai découvert la soul. Je suis tombée sur une vidéo d'un live d'Ottis Redding et ça a été le coup de foudre avec la soul. Et qui dit soul dit black music, 2Pac, Eminem, les Fugees, Nina Simone, Janis Joplin... Je retrouve cette énergie dans le rap ou le hip-hop aujourd'hui. En ce moment, j'écoute énormément Kendric Lamar.

Jain

Tu parles, pour ta musique, de melting pop, qu'est-ce que tu veux dire par là ? C'est vraiment rassembler plein d'influences différentes, les mettre dans un pot et mélanger tout ça. Quand j'écris une chanson je pense faire une chanson hip-hop ou pop et finalement, ça ne finit jamais comme ça.

Les sons qui t'accompagnent pendant ta tournée ? Tout l'album de Kendrick Lamar. Fela Kuti Zombie, et un live de Lauryn Hill, I Get Out.

Ta soirée idéale quand tu reviens à Paris ? En ce moment je vais pas mal au Ground Control avec mes potes. Sinon j'aime bien le Comptoir Général ou me poser sur les quais de Seine, tout simplement.

Les meilleurs lieux pour écouter de la musique ? Le Point Ephémère pour l'ambiance, l'International et le Grand Rex.

Au Mama festival au Bus Palladium le 14 octobre