#Doublepeine : des victimes de violences sexuelles dénoncent la prise en charge policière

© Capture d'écran Twitter

« Votre plainte va ruiner sa vie », « Vous étiez habillée comme ça ? », « Vous êtes consciente que ça ne sert à rien ? » : des victimes de violences sexuelles témoignent sur Instagram et Twitter du traitement policier auquel elles ont fait face en voulant déposer plainte. Si une vague de témoignages concerne le commissariat central de Montpellier, le hashtag #doublepeine démontre que le problème est systémique. 

Le lundi 27 septembre, la militante féministe Anna Toumazoff – à l'origine notamment du mouvement #sciencesporcs – partageait le témoignage d'une jeune fille de 19 ans qui attendait le tramway de retour de soirée à Montpellier. Après plusieurs sollicitations, elle accepte de se faire raccompagner en scooter par un inconnu qui, une fois arrivé devant chez elle, l'a suivie et violée, avant de lui voler toutes ses affaires.

Anna Toumazoff explique alors que la victime, une fois au comissariat central pour porter plainte, a été confontée à une policière qui lui aurait indiqué que sa consommation d'alcool induisait son consentement (« si tu as bu, tu n'as pas pu dire non ») et lui aurait demandé si elle avait eu du plaisir. Deux semaines après avoir déposé sa plainte, la victime a appris qu'elle avait été classée sans suite.

 
Les voix s'élèvent pour partager leurs expériences au commissariat

Peu après avoir partagé ce témoignage, la militante a reçu des dizaines de témoignages de victimes s'étant heurtée à une prise en charge similaire dans le même commissariat, entre refus de plaintes, décrédibilisation des propos et autres questions intrusives des policèr·e·s.

Depuis, Anna Toumazoff explique recevoir « une dizaine de messages par minute ». Le mercredi 29 septembre, elle participe à lancer le hashtag #doublepeine avec l'aide de la journaliste Constance Villanova et de l'association Nous Toutes pour libérer la parole des victimes ayant fait face à ce genre de violences policières : 

La réponse du préfet de l'Hérault ne s'est pas faite attendre. Dès le mardi 28 septembre, il déclare dans un communiqué condamner « avec fermeté les nouveaux propos diffamatoires » tenus par la militante. La réaction du syndicat Alliance Police n'a pas tardé à suivre non plus, qualifiant Anna Toumazoff de « pseudo féministe » et déclarant apporter « son soutien inconditionnel aux collègues salis et montrés du doigt gratuitement ». En attendant, les témoignages continuent d'affluer dans plusieurs villes françaises : combien de voix supplémentaires faudra-t-il pour que la police prenne conscience du problème ?

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