Soldes d'été : la lente agonie ?

L'avenue des Champs-Elysées © iStock

Les soldes ont été lancées ce mercredi 15 juillet. Coronavirus, confinement et crise économique à l'horizon : était-ce vraiment nécessaire ?

Nous sommes le 15 juillet 2020, l'été est bien entamé pour tout le monde et cette année, les soldes sont un peu l'invité qui se pointe trop tard au bar et recommande une pinte alors que tout le monde a fini son verre. Pour le dire autrement, elles débarquent plus de 15 jours après la date habituelle (celles de l'année dernière s'étaient tenues à partir du 26 juin,) et viennent rajouter une couche encore plus morose à l'ambiance qui plane déjà sur les petits commerces. 


Des clients insatisfaits, des commerçants en difficulté

Et en parlant de petits commerces, les soldes sont à l'origine faites pour les avantager, mais cette année, les pratiques semblent plutôt pencher pour l'effet inverse. La plupart des gens dépensent leur argent si bien économisé pendant le confinement pour s'acheter une télé plus grande, un téléphone plus plat ou une machine à laver plus silencieuse chez le gros distributeur d'électroménager, pour ne faire de pub à personne. Relancer la consommation qu'ils disaient, sauf que comme d'habitude, les porte-monnaie se vident, mais pas dans les bonnes poches. 

Exemple le plus frappant, ce matin, sur Twitter, parmi les tendances, le e-shop Shein (ex She Inside, sorte d'Asos cheap fournisseur virtuel de camelotte dont vous ne voudriez pas connaître l'origine, mais qui vient pour la plus grosse partie du géant chinois Ali Express) qui a récolté les foudres de ses utilisateurs, non pas parce qu'ils ont commercialisé un collier avec un pendentif en forme de croix gammée et des tapis de prière comme des tapis ornementaux, mais bien à cause de "fausses promotions". Et là, vous me direz : « Quelles fausses promotions ? Le site est bourré de T-shirts à 1,79 € et de combinaisons à moins de cinq euros ! ».


Une baisse des ventes de textile qui date de bien avant le confinement

Les soldes sont à l'origine un moyen d'écouler les stocks pour les commerçants, une démarche qui pourrait s'avérer salvatrice après trois mois de confinement et des réouvertures timides. Pourtant, elles sont souvent synonymes de vente à perte, un luxe que beaucoup de commerçants ne peuvent plus s'offrir. À titre indicatif, selon un sondage de l’Observatoire société et consommation (L’ObSoCo), seulement 56 % des Français comptent faire un achat durant ces soldes d’été et seuls 14 % en sont certains. L'été dernier, ils étaient 81 % à vouloir en profiter selon un sondage Ifop.

Leur report avait été annoncé début juin par Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, pour « tenir compte de la situation des petits commerçants », qui avaient besoin de "temps" pour "reconstituer" leur trésorerie sans casser leurs prix.

Si certains secteurs d'activité ont retrouvé une activité commerciale quasi-normale, ce n'est pas le cas du secteur de la mode qui enregistrait, selon les chiffres de l'Institut Français de la Mode (IFM), un repli de 17,9 % des ventes de textile/habillement (hors vente à distance) sur un an, déjà avant le coronavirus. Réticence face aux mesures barrières, perte d'envie de consommer ou réel mouvement collectif de conscience écologique, la baisse de la consommation textile marquerait-elle le début de la fin pour les soldes ? 

Et si l'envie d'acheter des sapes vous prend, consultez notre guide des fripes les plus stylées de Paris, quelque chose nous dit que vous y trouverez des trésors. 

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