Emmanuel Macron propose un référendum sur le climat

  • Zoé Stene
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  • Publié le 15 Décembre 2020 à 09h38
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Emmanuel Macron a annoncé ce lundi qu'un grand référundum citoyen serait organisé afin d'intégrer la défense du climat et la préservation de l'environnement dans la Constitution française. Réelle avancée ou miroir aux alouettes ?


La révision de l'article 1 de la Constitution devra d'abord être votée par l'Assemblée nationale puis par le Sénat en termes identiques, avant d'être soumise aux Français par référundum. Recourir au référendum pour « introduire les notions de biodiversité, d’environnement, de lutte contre le réchauffement climatique » dans la Constitution faisait partie de l'une des 149 propositions faites par les 150 membres de la Convention citoyenne pour le climat.


Les citoyens au cœur du projet climatique

Emmanuel Macron a rencontré pour la troisième fois ce lundi les membres de la Convention citoyenne pour le climat, une entité ayant pour vocation de donner la parole aux citoyens et citoyennes pour accélérer la lutte contre le changement climatique. Elle a pour mandat de définir une série de mesures permettant d’atteindre une baisse d’au moins 40 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 (par rapport à 1990) dans un esprit de justice sociale. C'est elle qui a proposé ce référundum et ce sont tous les Français qui seront appelés à s'exprimer en faveur ou en défaveur de la révision de l'article constitutionnel.


Une réelle avancée ?

Même s'il est indéniable qu'ajouter la défense de l'environnement à la Constitution est mieux que rien, Yannick Jadot dénonce sur BFM un « coup politique » en soulignant toutefois qu'il fera campagne pour le oui. En effet, pour l'eurodéputé écologiste, Emmanuel Macron « va proposer d'inscrire dans la Constitution le fait qu'on ne puisse plus passer des lois qui sont des lois de régression ». Si l'on part de ce constat, ne pas régresser ne veut pas dire avancer, n'est-ce pas ? 


Un référundum menacé

Benjamin Morel, maître de conférence en Droit public à l’université Paris II Panthéon-Assas, a cependant confié à nos confrères de 20Minutes qu'« avant de soumettre une révision constitutionnelle à référendum, il va falloir l’aval du Sénat selon les dispositions de l’article 89… Et c’est loin d’être gagné… Encore moins vu le peu de temps restant dans le calendrier parlementaire », avant d'ajouter qu'il jugeait « fort peu certain » un référendum.

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