Où se trouve le plus vieil arbre de Paris ?

C'est une question qui ne vous quitte plus : « mais où Diable se trouve le plus vieil arbre de Paris et comment vit-il ce statut si particulier ? ». Eh bien chers lecteurs ne vous tracassez plus, on répond à toutes ces questions avec en prime, une interview de ce grand et vieux Monsieur !

Eh oui, il nous a accordé quelques minutes de son précieux temps et a répondu sans langue de bois à Louison. Un petit instant culture avant d'en savoir plus sur ce sacré personnage qui en a vu défilé des vertes et des pas mûres. Il a quand même plus de 4 siècles, ça se fête ! C’est au cœur du square Viviani dans le 5e que trône notre ami monsieur Robinier, le plus vieil arbre de la capitale. Pourquoi Monsieur Robinier ? Simplement parce que c’est son espèce d’arbre, un robinier importé d’Amérique du Nord et planté ici en 1601 par Jean Robin, botaniste et arboriste du roi. 

Voici le compte-rendu de la rencontre florissante entre notre journaliste et cette vieille branche de Robinier

Il est 9h ce matin-là lorsque nous arrivons Square René-Viviani - Montebello dans le 5e arrondissement. Sans alternative, nous nous étions donné rendez-vous à cet endroit. Notre invité est là, Notre-Dame n'est pas loin non plus. Renversant, l'ancien ; visiblement un peu renversé aussi. C'est que notre ami n'est plus tout jeune, vous savez. Nous l'abordons.

La ville de Paris compterait aujourd'hui près de 200 000 arbres. À presque 414 ans, vous êtes le plus âgé d'entre eux. D'où proviennent vos racines ?

Je suis né en Amérique du Nord en 1600 d'une mère acacia et d'un père botaniste. L'année suivante, mes parents se séparèrent. Mon père, Jean, et moi, jeune pousse immaculée, nous exilions vers le vieux continent, et Paris.

De Henry IV à François Hollande, vous avez assurément traversé bon nombre d'événements, et constaté mille et une évolutions. Comment Paris a-t-il changé ?

Je me souviens de cet air si pur, d'une quiétude pondérée entre une faune plus sauvage et des hommes moins pressés. C'est le genre humain qui a changé, pas Paris. (Je lui taxe une feuille. Il poursuit, imperturbable.) La plupart des gens ne prêtent pas d'intérêt à mon âge, ni même à ma personne. Tous les printemps par exemple, c'est la même chose, je me fait tailler pendant 2 jours. J'ai les cheveux gras, me reprochent-ils.

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Et le boulot ?

Je n'ai jamais rien supporté, pas même une balançoire. Je suis trop vieux maintenant.

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413 années, planté, là. Vous arrive-t-il de trouver le temps long ?

Je ne fait que penser, et c'est bien assez. L'ennui n'existe pas lorsqu'on est un arbre, vous savez ? Je pense au passé, aux belles plantes de ma tendre jeunesse et aux troncs de ma fâcheuse adolescence... Je me laisse danser avec le vent pour faire tomber la pluie, jours et nuits ! (Je tire sur ma tige en l'observant attentivement. Quel charisme, rendez-vous compte !)

À bientôt 414 ans, vous avez une mine bourgeonnante. Comment va la santé d'un arbre de 4 siècles ?

Je vais bien, merci. Une canne en béton m'aide à rester debout depuis des années. Je bourgeonne en avril, fleuris en mai et fane en octobre ; plus que jamais !

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C'est une très belle histoire. Merci beaucoup pour le temps accordé ; votre sagesse n'a d'égal que votre sympathie ! Avant de vous quitter, quel conseil donneriez-vous aux arbres qui nous lisent ?

Poussez !

Ô lecteurs, rendez visite à ce patriarche d'exception. Il est super sympa ce vieux-là ! Bientôt 414 ans donc ; que peut-on bien lui souhaiter ? Bah, du soleil !

Square René-Viviani - Montebello 2, rue du Fouarre - 5e

Photo de couverture : © Cristian Bortes

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