Des cacas vieux de 2700 ans prouvent que les Européens aimaient déjà la bière et le fromage

© Jez Timms

La vérité se trouve dans le caca. En tout cas, dans le caca vieux de 2700 ans : en analysant des excréments humains retrouvés au cœur de la mine d’Hallstatt, dans les Alpes autrichiennes, des scientifiques ont pu prouver que les Européens étaient déjà très friands de bière et de fromage. Rien n’a trop changé depuis, en somme.

Vous reprendrez bien un morceau de roquefort pour faire honneur à vos ancêtres ? Car non, l’addiction des Européens pour le fromage et la bière ne date pas d’hier. C’est en tout cas ce qu’ont prouvé des scientifiques dans une étude tout juste parue dans la revue Current Biology. Ils ont analysé des échantillons d’excréments humains datant d’il y a 2700 ans, retrouvés au cœur de la mine d’Hallstatt, dans les Alpes autrichiennes, où les habitants travaillaient et vivaient tous de la mine. C’est dans cette mine que les travailleurs mangeaient pour ne pas ressortir durant leur journée de travail, et où ils faisaient leurs besoins, raison pour laquelle les excréments ont été particulièrement bien conservés… permettant ainsi de savoir tout ce que l’on pouvait manger à l’époque

De la bière, du roquefort et un régime équilibré

Surprise, contrairement à ce que l’on pourrait croire, les hommes de l’époque mangeaient relativement équilibré. Et on retrouve des mets encore largement appréciés aujourd’hui : le fromage (du bleu, plus exactement) et la bière. « Les mineurs étaient assez sophistiqués pour utiliser la fermentation de façon intentionnelle, ce qui m’a beaucoup surpris. Ce n’est pas quelque chose auquel je m’attendais déjà à cette époque », s’est étonné Frank Maixner, microbiologiste et auteur principal de l’étude, dans un entretien à l’AFP. C’est aujourd’hui la plus ancienne preuve d’affinage de fromage en Europe.

Le reste du régime alimentaire était principalement constitué de céréales comme le blé, l’orge ou l’épeautre, de quelques fruits, d’haricots et de viande. Un régime équilibré selon Frank Maixner, « exactement ce dont ces mineurs avaient besoin pour faire le plein d’énergie ». La grande différence avec notre régime alimentaire actuel reste le degré de transformation de la nourriture.

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