5 choses à savoir sur l'expo Seydou Keïta au Grand Palais

  • Olivia
  • Expo
  • Publié le 31 Mars 2016 à 00h00

Tu aimes la photo ? Eh bien prépare-toi à en prendre plein la vue ! A partir d’aujourd’hui, le Grand Palais présente les clichés de Seydou Keïta, considéré comme l’un des grands photographes de la seconde moitié du XXe siècle. A partir de 1948, le tout-Bamako se rue dans son studio pour se faire tirer le portrait par ce photographe au succès fulgurant. Ses clichés subjuguants en noir et blanc, d’une grande modernité et d’une belle intensité ont aujourd'hui fait le tour du monde. On est allé faire un tour à l’expo en avant-première, et voici ce qu’on a retenu de l’œuvre de ce capteur d'images inouï. 

1. C’est un autodidacte au talent immense 

Aujourd’hui comparé aux portraitistes les plus célèbres comme Richard Avedon ou August Sander, Seydou Keïta a photographié les gens de son continent comme nul autre. Né à Bamako en 1921, c’est son oncle qui lui donne sa vocation en lui offrant un appareil Kodak Brownie lorsqu’il est adolescent. « J’avais 14 ans, c’étaient mes premières photos et c’était le moment le plus important de ma vie. Depuis lors, c’est un métier que j’ai essayé de faire le mieux possible. J’ai tellement aimé la photographie », déclare-t-il. Autodidacte, il bénéficie tout de même des conseils de son voisin photographe et travaille auprès d’un photographe français de Bamako, Pierre Garnier. Il ouvre son studio de photographe portraitiste en 1948, au cœur du centre culturel de la ville. Son succès est fulgurant.

72 DPI-6. Sans titre 1949-1951

© Seydou Keïta, Sans titre, 1949-1951

2. Il modernise la photographie et marque la fin de l’ère coloniale

Seydou Keïta innove et c’est une des raisons de sa grande popularité. Il met à disposition de ces clients des accessoires, met en place des décors qui lui sont propres, invente de nouvelles poses créant ainsi des clichés novateurs. Les accessoires permettent aux modèles d’être à la mode, ils posent près d'automobiles, de mobylettes (un grand signe de richesse à l'époque), et notamment d'une Vespa que le photographe prête à ses clients. Par ailleurs, il casse les stéréotypes de représentation de l’homme africain au moment de l’Afrique coloniale, marquant ainsi la fin de cette époque, et ouvre la voie à une photographie africaine bien plus moderne.

72 DPI-9. Sans titre, 1952-55 © Seydou Keïta, Sans titre, 1953

3. Les fonds en tissu sont sa marque de fabrique

On apprend que l’une des grandes innovations de Keïta a été d’utiliser des fonds en tissu, et notamment en batik, « c’est-à-dire imprimés selon une technique à la cire vieille de plusieurs siècles, originaire d’Indonésie ». Le photographe ne concevait pas de photographier son sujet sans le placer devant un fond. « On ne peut pas placer les clients devant un mur blanc ; ce n’est pas respectueux », raconte-t-il.

72 DPI-14. Sans titre, 1956

© Seydou Keïta, Sans titre, 1956

4. Il fait poser ses sujets d’une manière spécifique

Ses clichés sont particulièrement réussis grâce à certaines poses qu’il fait adopter à ces clients. On remarque notamment qu’il remet au goût du jour l’odalisque, cette pose orientale popularisée au XIXe siècle où la femme, à peine vêtue, était allongée dans un harem ou un boudoir. Il popularise les photos en buste, et fait poser ses clients de biais, la plupart du temps à la lumière naturelle. « Le visage à peine tourné, le regard vraiment important, l’emplacement, la position des mains… J’étais capable d’embellir quelqu’un. A la fin, la photo était très belle. C’est pour ça que je dis que c’est de l’art », déclare-t-il.

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© Seydou Keïta, Sans titre, 1956-57

5. Son œuvre principale s'étend de 1948 à 1962, mais Keïta ne devient célèbre mondialement qu’en 1993

A l’époque de son studio (1948-1962), ce ne sont que ses clients, leurs amis et leur famille qui ont connaissance des photos de Keïta. Il faut attendre les agrandissements fait en 1993 pour que le marché de l’art se rende compte du travail extraordinaire du photographe. La reconnaissance du monde extérieur pour son œuvre lui permet de voir son travail sous un nouveau jour et de se considérer comme un artiste à part entière. « Vous ne pouvez pas vous imaginer ce que j’ai ressenti la première fois que j’ai vu des tirages de mes négatifs en grand format, impeccables, propres, parfaits. J’ai compris alors que mon travail était vraiment, vraiment bon. Les personnes sur les photos paraissaient tellement vivantes. C’était presque comme si elles se tenaient debout devant moi en chair et en os ».

72 DPI-4 Sans titre 1949-1951

© Seydou Keïta, Sans titre, 1949-51

Tu l'auras compris, cette expo vaut le détour. File en page 2 pour voir un peu plus de clichés saisissants !

Du 31 mars au 11 juillet 2016 Exposition « Seydou Keïta » Grand Palais, galeries nationales galerie sud est, avenue Winston Churchill - 8e Plus d’infos [gravityform id="1295" title="true" description="true"]

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