3 choses à savoir sur "Rodin, l’exposition du centenaire" au Grand Palais

© Musée Rodin (photo Christian Baraja)

Cette année marque le centenaire de la mort du géant de la sculpture Augustin Rodin (1840-1917). Une occasion pour le Grand Palais de rendre hommage à cet artiste mondialement connu avec cette nouvelle exposition. Dès le 22 mars, on pourra ainsi admirer plus de 200 œuvres de Rodin, mais aussi de Brancusi, Giacometti, Picasso ou encore Matisse, subjuguantes pour la plupart. Organisée en trois parties – Rodin expressionniste, Rodin expérimentateur et les effets de cette onde de choc après 1945 –, cette expo nous offre un autre regard sur l’œuvre du maître. Après y être allés faire un tour en avant-première, on t'en donne un petit aperçu !  


Rodin donne vie à la sculpture

Dans une première salle baignée de lumière, nous découvrons tout d’abord les œuvres emblématiques - tels que Les Bourgeois de Calais ou encore Le Penseur - réalisées par Rodin au cours de sa carrière. 

La particularité de l’œuvre de Rodin, ce qui fait sa puissance et sa beauté, réside dans cette célébration que l’artiste fait du corps. Car si le sculpteur a un but, c’est bien de faire parler ce dernier : « le corps est un moulage où s’impriment les passions », a-t-il déclaré. 

lepenseur-rodinAuguste Rodin - Le Penseur, grand modèle, SNBA, 1904 © Musée Rodin (photo Christian Baraja) 

Rodin dépasse le naturalisme pour rendre compte de la vie. Ce qui nous frappe au premier abord, c’est l’expression que Rodin donne à ses sculptures. On y lit le désir, la peur, l'amour, les pleurs.

A partir de 1890, la célébrité de Rodin ne fait que croître. Les artistes se pressent dans son atelier pour apprendre et découvrir les œuvres de celui que l’on considère déjà comme un maître en la matière. Son influence auprès des jeunes artistes est grande. Ils s'en inspirent ou au contraire en prennent le contrepied. Au cours de l'exposition se mêlent ainsi aux œuvres de Rodin les œuvres d’autres maîtres tels que Picasso, Brancusi ou Giacometti.

femmes-rodin Auguste Rodin - Ombres d’homme et d’enfant, vers 1880 © Musée Rodin (photo Jean de Calan) 

On découvre toute une série de "dessins noirs", de petites œuvres que Rodin a réalisées au crayon, à l’encre de plume ou au lavis, rehauts de gouaches blanches. On y voit principalement des adultes et enfants réunis, ou des personnes s’embrassant, ou se bagarrant.


Rodin expérimente

La Porte de l’enfer, œuvre majeure de Rodin, se déploie sous nos yeux. On apprend alors que de cette pièce grandiose, l’artiste aura extrait plusieurs sculptures comme Le Penseur ou Les Trois Ombres - qu’il déclinera inlassablement. Rodin se présente alors comme un précurseur en la matière. Il s’attache à reprendre les mêmes figures auxquelles il donne des formes et des variations diverses. Une œuvre pourra ainsi être reprise en plâtre, bronze, marbre, et se décliner de façons différentes.

main-rodinAuguste Rodin - La Cathédrale, 1908 © Musée Rodin (photo Christian Baraja) 

Il est également le premier à isoler une partie du corps – un pied, une main, un bras, un torse –  et à la représenter telle quelle. Il change ainsi le regard du public sur ce que peut être une sculpture en tant que telle.

« En 1895, Rodin déclare que même privées de tête ou de bras, des figures comme Iris ou La Méditation sont complètes », nous explique-t-on. C’est une étape décisive pour la création sculpturale. Des plus jeunes artistes tels que Maillol, Bourdelle ou encore Matisse lui emboitent le pas en exposant des sculptures partielles. Elles prennent alors le statut d’œuvres complètes.


L’influence de Rodin après le choc de 1945

L’entre-deux-guerres marque un temps dans la carrière de Rodin, qui se fait dépasser par les avant-gardes. Mais dès 1945, on s’intéresse de nouveau aux œuvres du sculpteur et notamment grâce à la redécouverte de certains travaux en plâtre. Au milieu du XXe siècle, Rodin devient même une référence pour l’art contemporain. Des artistes tels que de Kooning ou Giacometti reprennent les sujets chers à Rodin – torse ou tête monumentale –, s’en inspirent et les exploitent.

baselitzGeorg Baselitz, Volk Ding Zero (Chose populaire zéro), 2009 © Georg Baselitz 2017 Photo : Jochen Littkemann, Berlin 

L'exposition se termine ainsi de manière grandiose, on découvre par exemple une sculpture du Giacometti de 1960 intitulée L'Homme qui marche III, présentée à côté de celle d'Auguste Rodin datée des années 1900 environ, elle-même intitulée Homme qui marche. On comprend alors l'influence majeure du géant de la sculpture sur ces artistes contemporains. Picasso, Lucio Fontana ou encore Henry Moore, la dernière pièce de l'exposition rivalise d'œuvres ayant un rapport de près ou de loin avec Rodin.

Une exposition dont vous ressortirez bluffés ! (On vous le dit souvent, mais ça n'a peut-être jamais été aussi vrai) ! 


Rodin, l'exposition du centenaire au Grand Palais
3, avenue du Général Eisenhower - 8e
Du 22 mars au 31 juillet 2017