[EN IMAGES] Les dégâts dramatiques provoqués par les inondations à Derna, en Libye

undefined 15 septembre 2023 undefined 14h50

Flora Gendrault

C’est la pire catastrophe naturelle que connaît la Libye depuis le tremblement de terre qui a secoué la ville d’al-Marj en 1963. Féroce, impitoyable, le déferlement d’eau provoqué par la tempête a rompu deux barrages en amont de Derna, ville côtière de l’est du pays : elle a alors été ravagée par des vagues d’eau et de boue hautes de plusieurs mètres, comparables à un tsunami selon les témoins.

Cet événement météorologique, qualifié de « Medicane » (contraction entre « Hurricane », ouragan en anglais, et « Méditerranée »), correspond à des « tempêtes extrêmes dont les caractéristiques s’approchent des ouragans ou des cyclones tropicaux », explique le chercheur en météorologie au CNRS Florian Pantalon à TF1 Info. La Medicane s’est formée au large de la Grèce le 4 septembre dernier, avant de dévier vers la Turquie et la Bulgarie. Là aussi, de fortes intempéries et inondations meurtrières (15 morts en Grèce, 2 en Turquie, 4 en Bulgarie) ont fait rage, mais c’est en Libye que la tempête a fait le plus de dégâts. 


Un bilan provisoire déjà très lourd 

Les chiffres officiels font froid dans le dos. 11 000 morts sont déjà déclarés, et le bilan pourrait s’alourdir à 20 000 décès, comme l’a déclaré le maire de la ville, Abdoulmenam Al-Ghaiti, à la chaîne al-Arabya TV. La démographie de Derna s’élevait à 100 000 habitants avant la catastrophe : 1/5 de la population pourrait avoir péri. 


L’aide humanitaire aux aguets 

La communauté internationale a immédiatement apporté son soutien au pays. L’Italie a fait acheminer vers la Libye des experts et du matériel logistique de première nécessité, tandis que l’Égypte a envoyé trois avions d’aide ainsi que des équipes de recherche. La France, de son côté, a déployé un hôpital de campagne pour venir en aide aux sinistrés, transporté une quarantaine de sauveteurs et plusieurs tonnes de matériel sanitaire. Finlande, Roumanie, Royaume-Uni, Turquie, Algérie, Qatar ou encore Tunisie se sont également engagés à fournir leur aide.  


Des images satellite impressionnantes 

La crue a emporté routes, quartiers entiers et habitations avant de se déverser dans la Méditerranée. Les infrastructures, vétustes, n’ont pas résisté. Plusieurs images satellite permettent de mesurer l’ampleur des dégâts, montrant l’avant/après effrayant d’une cité méconnaissable


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