De la pub dans les étoiles, le drame de notre avancée technologique

© StartRocket

Vous avez sans doute déjà remarqué que dans nos idéaux funestes et dystopiques concernant notre belle planète, le marketing, les grandes marques et le capitalisme ont plus que jamais trahi la Terre et sont en grande partie – si ce n’est entièrement – responsables de sa perte. On en rigole bien à la télé, hein ? Sauf que c’est vraiment en train de se produire, et on ne rigole plus du tout.


Ça peut paraître con, mais l’une des images que je retiens le plus me vient de mon adolescence, lorsque le film Wall-E est sorti en salles. Outre l’histoire qui est une belle morale sur l’écologie, le décollage de la fusée au début m’avait marqué puisqu’il traverse un océan de satellites abandonnés et rouillés juste avant de quitter l’orbite terrestre. Et de passer devant un panneau publicitaire laissé à l’abandon sur la Lune.

Cette Terre pâlotte au teint jaunâtre est malheureusement ce qui pourrait arriver.

Pourquoi parler de Wall-E ici ? La pertinence de l’exemple est pourtant indiscutable. Ici, on parle bien de satellites et de publicité dans l’espace, puisque récemment, la start-up russe StartRocket a décidé d’investir toute son énergie et son pognon dans le développement de nano-satellites envoyés dans l’espace. Pourquoi ? Pour diffuser de la pub depuis le ciel, la nuit ; un espace d’affichage illimité dont le CPM (coût par mille) va probablement éclater tous les records.

Pourquoi diffuser de la pub depuis le ciel ? Parce que c’est visible de tous, presque partout, et que les grandes entreprises en rêvent. Si Internet est quasi omniscient, on peut encore lui échapper ; la nature, elle, est inévitable. L’opération, dont les premiers tests auront lieu en 2020, devrait coûter une fortune et en rapporter deux à la compagnie russe, bien que « le suivi des satellites et le contrôle de leurs mouvements représenteront de sérieux défis », comme le précise Vlad Sitnikov, PDG.

On n’est pas les seuls à s’inquiéter. Du côté de l’astronomie, ça fait mouche. « La lumière dispersée par les satellites et les débris spatiaux éclairés par le Soleil […] atteignent toute la surface de la Terre. […] Un ciel vierge ne peut plus être nulle part sur Terre. Cette perte est déjà irréversible », annonçait un rapport de l’Union astronomique internationale aux Nations-Unies en 2001. Autant dire que 18 ans après, la situation n’a qu’empiré. Côté pollution, on s’inquiète également : le Centre national d’études spatiales affirme qu’il y aurait plus de 135 millions de déchets spatiaux en orbite. Sans oublier que la trajectoire des satellites peut être à tout moment déviée par ces objets, entraînant alors un dysfonctionnement voire un hors-service.

Donc si demain nous nageons dans une mare de ferraille, qu’on ne peut plus regarder JPP à 20h sur TF1 et que vous n'avez plus de 4G, vous savez sur qui taper.

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