Stefan Smith, un premier album spatial qu'on vous invite à découvrir

  • Lucas J
  • NUIT - Musique
  • 21/03/2019
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Dirigé d’une main de fer par Agoria, la direction artistique de Sapiens ne se définit pas facilement. Orienté vers tous les genres de la musique électronique, jusqu'au spoken word avec Jacques, le label expérimente. Si bien que l’expérimental prend tout son sens sur l’étagère des quelques galettes pressées par Sapiens, qui choisit un artiste aux airs d’Aphex Twin pour le tout premier album de son catalogue.


Il est de ces inconnus au bataillon. Encore dans l’ombre il y a quelques années, Stefan Smith avait fait surface l’été dernier sur le Soundcloud de Sapiens. Un premier EP, intitulé Mirror, deux morceaux inédits et un remix de la talentueuse Perel. Très vite remarqué par la presse spécialisée, Stefan Smith commence à façonner peu à peu son image, ou plutôt son absence d’image. Sur Internet, impossible de trouver un quelconque renseignement sur le producteur ; bio, photos, vidéos… Rien n’apparait sur la toile. Seulement sa musique.

Plus que son image, Stefan anticipe son premier album. Ce qui s’apparente à plusieurs EP’s (Mirror sera vite suivi de Chimera puis Jupiter (606)) n’est finalement que le teasing de plusieurs morceaux présents sur son long-format. Mystique au plus haut point, Stefan Smith joue avec l’impatience de ceux qui se sont penchés sur son projet de plus près. Un coup electro, un coup electronica, nombreuses sont les surprises. Depuis la semaine dernière, Sapiens arbore fièrement la sortie de l’EP Remixes, sur lequel figure des grands noms de la scène électronique : Perel, Etapp Kyle et Agoria en personne. Chacun apporte sa patte à l’univers de Stefan Smith, dominé par des nappes planantes et des mélodies dignes de la science-fiction d’Asimov et Clarke.

C’est donc avec parcimonie que nous avons prêté une oreille tout particulièrement attentive à l’album Stefan Smith, à la recherche des perles glissées à même les morceaux de Stefan Smith. Dès l’ouverture, le musicien nous saisit avec "Figure In A Landscape", douce transe ambient sombre qui nous envoie en orbite autour de la planète Smith, à contempler le cosmos sagement en attendant l’élément perturbateur. Celui-ci ne met pas longtemps à arriver, avec le déjà connu "Chimera", qui installe tout de suite une ambiance plus rétro, nous emmenant au pays de l’electro façon Drexciya et E.R.P.. Suivront alors dans le même style l’intriguant "Jupiter (606)" (dont le titre nous évoque les notes du célèbre synthé de Roland, le Jupiter-8), le robotique "Ghosts" ou encore le dynamique "All Strange Away".

Si nous évoquions Aphex Twin plus haut, c’est parce que Stefan Smith rappelle dans son album les prémices d’un jeune producteur de Cornwall. Ses nappes font parfois des clins d’œil aux mythiques Selected Ambient Works 85-92 et son petit frère Volume II, notamment dans "Vestige" et "Zone (3)". Parsemé de glitchs et distorsions sonores, ce premier album n’a rien à envier à Richard D. James ; même s’il n’atteint pas le niveau d’un des pionniers de la musique électronique, Stefan Smith incorpore à ces vestiges du passé une touche moderne et personnelle qui l’inscrit parfaitement dans notre ère culturelle actuelle. Chapeau bas pour cette première que l’on a hâte de découvrir en live.


Stefan Smith – Stefan Smith [Sapiens]
Sortie le 22 mars

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