Le pastafarisme, cette religion qui voue un culte aux pâtes et aux boulettes de viande

Le pastafaquoi ? Mais si, souvenez-vous de Mienke de Wilde, cette Danoise qui s'était vu refuser ses photos d'identité sous prétexte qu'elle portait une passoire en guise de couvre-chef. Il s'avérait qu'elle était une fidèle du mouvement pastafariste, une religion vénérant un "Monstre en spaghetti volant" aujourd'hui pratiquée par des millions de personnes. 


S'il fut créé en 2004 comme une parodie de religion par un étudiant américain du nom de Bobby Henderson, le mouvement est aujourd'hui répandu dans le monde entier. En cause, la lettre ouverte écrite par Henderson dans laquelle il proteste contre la décision du Comité d'Éducation de l'État du Kansas d'autoriser l'enseignement du dessein intelligent dans les cours de science au même titre que la théorie de l'évolution. Le dessein intelligent est une théorie tout ce qu'il y a de moins sientifique qui part du postulat que l'homme ne serait pas un hasard de la nature mais bien le fruit de la volonté d'un créateur qui l'aurait "programmé".

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Valentine ✌ (@valentine.tbx) le

Dans cette lettre, il demande à ce que, puisque le dessein intelligent est enseigné au même titre que la théorie de l'évolution, le pastafarisme soit enseigné, au même titre que la croyance en le Monstre en Spaghetti Volant ait créé l'univers, « probablement après avoir beaucoup bu ». Résultat, elle fait le tour d'Internet où tout un chacun se délecte de la parodie de ce néo-"prophète". Aujourd'hui, le pastafarisme est reconnu dans trois pays (la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas et Taïwan) tandis qu'en Utah, en Californie et dans le Massachussetts, plusieurs protagonistes portent fièrement leurs passoires sur la tête sur leurs permis de conduite.


Quelles sont leurs pratiques ?

L'EMSV (Eglise du Monstre en Spaghetti Volant) de Paris détaille quelques croyances portées par son fondateur et les adeptes, qui soutiennent « tout ce qui est bon », sont contre « tout ce qui est mauvais ». Les pastafaristes pensent que « toute chose dans notre univers à été créée par le Monstre en Spaghetti Volant, la terre comme le ciel. Au paradis se trouve un volcan à bière et une usine à strip-teaseurs(ses) tandis qu’en enfer la bière est éventée et les strip teaseurs(euses) ne se dénudent pas. »

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Raphnärr Haentjbrøck (@raphnarr_haentjbrok) le

Ce Monstre en Spaghetti Volant est le dieu des pastafaristes. Henderson dit à son propos – et ça va vous rappeler quelque chose – : « Nous avons des preuves qu'un Monstre en Spaghtti Volant a créé l'univers. Aucun de nous n'étions présents pour le voir, mais nous avons des traces écrites de cela. »

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par funambuline (@funambuline) le


Un documentaire illustre leur combat pour la reconnaissance

Un réalisateur américain indépendant, Mike Arthur, a suivi le cas de Mienke de Wilde et s'en est ému. Il suit depuis 2016 le quotidien des adeptes de cette religion qui est, selon lui, la religion « dont la croissance est la plus rapide au monde » et a réalisé un documentaire nommé I, Pastafari dont la sortie est prévue en octobre aux États-Unis. Arthur prend comme point de départ la reconnaissance par les Pays-Bas du Monstre Spaghetti Kerk van het Vliegend en tant que religion. Grâce à cette reconnaissance, les membres de l'église accèdent aux mêmes droits que les pratiquants, à commencer par le port de couvre-chefs religieux sur leur permis de conduire. « Qui décide ce qu'est une "vraie religion" de toute façon ? », écrit le réalisateur sur son site. 

Peut-être que la grande différence (et pas des moindres) entre le pastafarisme et les autres religions réside dans le fait que les pastafaristes « ont l'air d'avoir oublié la haine, la bigoterie, la violence et à la place ont concentré leur foi en un dogme : il n'existe aucun dogme. »explique Arthur. 

RAmen ! comme ils disent. 


I, Pastafari 

Sortie prévue le 5 octobre aux U.S.

Fin des articles