Deux Moi, que vaut le nouveau Klapisch ?

Il fallait bien que j'aille voir ce que ça donnait. On ne peut pas vivre à Paris, prétendre aimer le cinéma et ne pas aller voir le dernier film de Cédric Klapisch. C'est impossible, c'est comme ça. Qu'arriverait-il si d'aventure on me demandait lors d'un apéro X ou Y comment est le dernier Klapisch ? Je passerais pour un imposteur, exactement. Le veux-je ? Je ne le crois pas. 


Pourquoi le cinéma du créateur de l'éternel Péril Jeune est-il si indispensable ? Difficile à dire de façon exhaustive, mais deux raisons majeures me viennent quand même à l'esprit. D'abord, Klapisch nous parle de nous comme s'il nous connaissait parfaitement. Nous, Parisiens trentenaires ou étudiants en Erasmus à Barcelone, peu importe, il semble avoir les mêmes souvenirs que nous, ses personnages passent par les mêmes phases, se posent les mêmes questions existentielles, que nous. Ensuite, il a semble-t-il un don naturel pour sublimer les lieux où se déroulent ses films, ce qui est d'autant plus vrai pour Paris ; d'ailleurs, n'a-t-il pas dédié à la capitale un film entier, culte et éponyme ? 

Deux Moi critique

Toujours est-il que l'on retrouve, avec peu de surprise donc, mais beaucoup de plaisir, ces deux motifs dans le film qui nous concerne. En effet, les deux personnages principaux, les Deux Moi, ont sensiblement le même âge – une petite trentaine – et vivent côte à côte sans le savoir, du côté de Stalingrad (l'arrêt de métro, pas l'ancienne ville russe hein). Tous deux traversent une période difficile de leur vie, et semblent atteints d'un mal inexplicable, qui s'exprime principalement par des troubles du sommeil. Pour remédier à ce qu'il convient d'appeler une forme de dépression, chacun va alors consulter un psychothérapeute, qui va, avec beaucoup de simplicité, les aider à traverser cette épreuve.

Deux Moi critique

En établissant ses deux personnages – parfaitement interprétés par François Civil et Ana Girardot – l'un à côté de l'autre, dans le même quartier, Cédric Klapisch instaure avec beaucoup de douceur et de savoir-faire cette proximité avec le spectateur dont on parlait plus haut. De même, le cheminement introspectif qu'ils suivent au cours du métrage nous met au contact de thèmes plutôt classiques de la psychologie : traumatismes familiaux, détresse affective, solitude, auxquels nous avons tous été confrontés à un moment ou à un autre. En résulte un film cotonneux et intime, qui nous berce et nous console en nous procurant le doux sentiment d'être compris.

Deux Moi critique


Cédric Klapisch nous parle donc ici de dépression, un sujet et une maladie très présents dans la société dans laquelle nous évoluons, et tente, avec succès, de nous montrer qu'il existe des moyens de s'en sortir. Avec une simplicité et une douceur étonnantes, il désacralise la maladie et le travail des psys, et banalise un constat trop rare : tout le monde a droit au bonheur.

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