Ricky Gervais déglingue Hollywood à la cérémonie des Golden Globes

Le 6 janvier dernier se tenait la 77e cérémonie des Golden Globes, qui récompensent le cinéma et la télévision américaine depuis 1944. Autant dire que tout le gratin d'Hollywood était présent. Cette année, Ricky Gervais était maître de cérémonie pour la cinquième et, il le précise, dernière fois. L'occasion de taper juste là où il faut sur les (nombreux) scandales et non-dits qui nécrosent l'industrie.


Comme un avertissement, le co-créateur de la série The Office annonce : « rappelez-vous, ce ne sont que des blagues. On mourra tous bientôt, et il n'y aura aucune conséquence ». Après une boutade sur le scandale de corruption qui a éclaboussé l'actrice Félicity Huffmann (Lynette, dans Desperate Housewives), Gervais lance une vanne sur la mort de Jeffrey Epstein : « Plus personne ne regarde les émissions maintenant. Tout le monde mate Netflix. Cette cérémonie, ça devrait être moi, qui vient et annonce "bien joué, Netflix" ! vous avez tout remporté. Bonne nuit. Vous pourriez binger une saison entière de After Life plutôt que de regarder le spectacle de ce soir. Spoiler : la saison 2 est en tournage. Donc à la fin, il ne se suicide évidemment pas, tout comme Jeff Epstein », faisant allusion au suicide de l'ex-financier new-yorkais inculpé pour de nombreuses affaires de pédocriminalité, décédé le 10 août dernier. 

jonathan-pryceJonathan Pryce /capture d'écran Youtube

Après avoir correctement refroidi l'assemblée, l'humoriste anglais n'hésite pas à en rajouter : « fermez-la, je sais que c'est votre ami, mais je m'en fous », et lance un javelot enflammé sur le problème de la pédophilie dans le cinéma, que l'industrie soutient, selon l'humoriste : « Ça a été une grande année pour les films pédophiles. Surviving R Kelly, Leaving Neverland, Two Popes... fermez-la, fermez-la », rappelle-t-il, comme agacé par les rires gênés de son audience. Après la pédophilie et les affaires criminelles qui éclaboussent la mecque du cinéma américain, Ricky Gervais ne s'embarrasse pas des transitions : « Beaucoup de gens de couleur ont été snobés dans les catégories principales : malheureusement, on ne peut rien y faire, toute l'équipe de la Hollywood Foreign Press [qui décerne les récompenses chaque année, NDLR] est très, très raciste, donc... », ponctue-t-il d'un haussement d'épaules. 

Tom Hanks /capture d'écran Youtube

Tim Cook, le P-DG d'Apple, a dû être lui aussi content du voyage lorsque Gervais a mentionné la nouvelle série produite par la marque à la pomme, The Morning Show, « un drame superbe qui traite de l'importance de la dignité et de faire les bons choix... conçu par une entreprise qui dirige des ateliers clandestins en Chine. Donc O.K., dites-vous éveillés, mais les entreprises pour lesquelles vous travaillez, je veux dire, Apple, Amazon, Disney... Si l'Etat Islamique lançait son service de streaming, vous appelleriez votre agent ! »

Tim Cook / Capture d'écran Youtube

Enfin, Gervais recadre les futur.e.s gagnant.e.s d'un Golden Globe qui voudraient rallier le reste de l'assemblée à une cause quelle qu'elle soit : « si vous gagnez un award ce soir, ne l'utilisez pas comme une plateforme pour vos discours politiques, O.K. ? Vous n'êtes pas en posture d'éclairer le public sur quoi que ce soit. Vous ne connaissez rien du monde réel. La plupart d'entre vous a passé moins de temps à l'école que Greta Thunberg. Si vous gagnez, montez sur le podium, acceptez votre petit trophée, remerciez votre agent et votre dieu, et cassez-vous ». 

Tom Hanks / Capture d'écran Youtube.

Le seul qui semble s'être vraiment marré dans l'histoire, c'est DiCaprio au moment ou Gervais le taquine sur son attrait pour les femmes beaucoup plus jeunes que lui : « Once Upon a time in Hollywood, presque trois heures de film. DiCaprio a assisté à la première, et à la fin, sa meuf était trop vieille pour lui ». Mais le meilleur dans tout ça ne reste-t-il pas les expressions faciales de Tom Hanks ? 

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