Once Upon a time... in Hollywood, le meilleur Tarantino ?

Entendu ce matin dans le métro : « T'as vu le dernier Tarantino ? Un chef-d'œuvre, c'est son meilleur film. Y'a plein de gens qui disent que c'est génial. Non, je l'ai pas vu encore. » Pour vous éviter de tenir ce genre de propos exaspérants, je suis allé voir Once Upon a Time... in Hollywood dès mon retour de vacances passées loin des salles obscures (snif), et m'en vais de ce pas vous fournir quelques pistes de lecture pour briller en société. 


C'est toujours un grand bonheur doublé d'une belle excitation que de découvrir un film de Quentin Tarantino. Au fil du temps et des films, le réalisateur américain s'est bâti une solide image d'icone de la pop culture. Il est donc de bon ton d'aller voir ses films, ou du moins de pouvoir en parler un minimum si on ne souhaite pas passer pour le dernier des ringards. Vous pouvez toujours choisir de vous la jouer snob qui « ne s'intéresse pas à ce cinéma basé sur la violence gratuite » et ainsi faire valoir votre singularité de caractère, mais, entre nous, qui va y croire ? 

Once Upon a Time... in Hollywood film critique

Plongeons donc avec délice dans l'univers un brin nostalgique de Once Upon a Time... in Hollywood. On le sait, chez Tarantino, il est souvent question de références plus ou moins cachées, de clins d'œil plus ou moins appuyés à l'histoire du cinéma. Ça commence ici dès le titre, avec un hommage on ne peut plus clair au maestro Sergio Leone, qui aura donné au jeune Quentin son goût pour le genre du western. C'est donc tout naturellement que le personnage de Rick Dalton, incarné avec brio (comme d'habitude, ça en devient presque lassant) par Leonardo DiCaprio, a connu la gloire en tournant dans une série télé contant les aventures d'un cowboy chasseur de primes. Pour le seconder, sa doublure cascades et fidèle ami Cliff Booth, incarné par le non moins brillant Brad Pitt, veille au grain. Nous sommes à Hollywood, en l'an de grâce 1969

Once Upon a Time... in Hollywood film critique

Un autre truc que l'auteur d'Inglorious Basterds aime bien faire, c'est réécrire l'histoire. Ainsi, le troisième personnage essentiel de notre histoire n'est autre que Sharon Tate, sauvagement assassinée en août de cette année-là et incarnée ici par l'excellente Margot Robbie. Elle qui vient d'épouser Roman Polanski se trouve être la voisine de Rick Dalton, et l'on devine dès lors que leurs deux destins vont se croiser, de façon à ce que réalité historique et fiction fantasmée se trouvent une nouvelle fois intelligemment mêlés. J'ai lu et entendu pas mal de commentaires évoquant la misogynie supposée du film en raison du traitement infligé à Sharon, plutôt légère et un poil écervelé il faut le reconnaître. Je me permets cependant de poser deux questions : où est le mal à partir du moment où son personnage relève de la fiction ? Et pourquoi le bouffon de l'histoire ne serait-il pas, pour une fois, une bouffonne ? 

Once Upon a Time... in Hollywood film critique

Enfin, voilà une assertion qui devrait faire son petit effet au sein de votre société d'amis à moustaches et tatouages : Once Upon a Time... in Hollywood est le Tarantino qui ressemble le moins à un Tarantino. Outre l'assonance facile, il faut reconnaître que le trait caractéristique, la marque de fabrique en quelque sorte du cinéma tarantinesque, est ici la grande absente. Très peu de violence, encore moins de sang, dans ce métrage, même si la conclusion devrait satisfaire les plus hématophiles d'entre vous. À la place, une magnifique histoire d'amitié, une déclaration d'amour au cinéma dans sa globalité, mais aussi une plongée fascinante dans les coulisses d'un Hollywood en déclin, parfait révélateur d'une société en plein changement. L'humour trash et jubilatoire auquel nous a habitués Tarantino est bien présent, quant à la BO... je l'écoute en boucle depuis une semaine. 

Once Upon a Time... in Hollywood film critique


En changeant son propos sans toutefois se départir de son style, Tarantino offre un 9e film surprenant, complet et mature, certes moins spectaculaire que ce à quoi on était habitué, mais qui gagne en pertinence et en profondeur. La quasi-intégralité de sa filmographie nous proposait de nous éclater purement et simplement ; Once Upon a Time... in Hollywood change la donne avec une certaine flamboyance, et nous fait regretter par avance la retraite promise après le prochain opus.
 

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