Le Fonds mondial pour la nature - World Wide Fund, alias WWF - vient de publier ce mardi 19 janvier l'étude "MedTrends", un rapport alarmant sur la situation de la Méditerranée qui subit l'essor du trafic maritime, du tourisme, de l'aquaculture, et de l'exploration et exploitation d’hydrocarbures.
« La Méditerranée était proche du burn-out, nous avons voulu vérifier » explique Isabelle Autissier, présidente du WWF France au quotidien "Le Monde". La mer Méditerranée représente moins de 1% de l’océan mondial, mais elle abrite entre 4 et 18% des espèces marines connues. Une mer semi-fermée extrêmement polluée qui ne pourrait pas survivre à une importante marée noire. L’ONG WWF a collecté de nombreuses donnée, notamment grâce à une équipe basée à Marseille, dans le rapport "MedTrends".
infographie : WWF
Démographie et Tourisme
150 millions de personnes vivent aujourd'hui sur les rives de la Méditerranée ; en cinq ans, le nombre de villes côtières de plus de 10 000 habitants a pratiquement doublé. Une région extrêmement convoitée par le secteur touristique en plein boum : la Méditerranée est visitée par 300 millions de personnes chaque année, un chiffre qui pourrait s'élever à plus de 500 millions de visiteurs en 2030. Elle est aujourd'hui la deuxième région de croisière, derrière les Caraïbes, soit 27 millions de passagers par an.
©Palais des Festival à Cannes
Exploitation d'hydrocarbures et minière
Les fonds marins de la Méditerranée devraient fournir à terme sulfures et nodules polymétalliques, cobalt, cuivre, nickel, plomb, ou encore zinc. On trouve dans ce rapport beaucoup de chiffres. Notamment concernant l'exploration d’hydrocarbures qui couvre aujourd'hui 23% du bassin méditerranéen. Mais d'ici 2030, 20% de surface supplémentaires pourraient être destinés à l'exploitation offshore d'hydrocarbures, augmentant la production pétrolière en mer de 60% d’ici 2020. Quant à la production gazière en mer, elle pourrait être multipliée par cinq d’ici 2030.
A Marseille, on se souvient de la polémique "Melrose et Noble", qui effectue des explorations de pétrole et de gaz à seulement 30 km au large du parc des Calanques de Marseille, dans le sanctuaire de Pélagos.
« 40% de la Méditerranée sont potentiellement ouverts à l’exploration d’hydrocarbures. C’est énorme, surtout lorsque l’on connaît les risques sismiques de la région, la Méditerranée est sur le chemin du burn-out. Aujourd’hui, la multiplication et la croissance des activités économiques sur cette zone s’apparentent à un véritable Far West » affirme Pascal Canfin, directeur général du WWF France.
Élevage de poissons en Grèce dans le Péloponèse.©Dimitri Messinis/AP/SIPA
La pêche et la pisciculture
La pêche professionnelle est en déclin depuis vingt ans, mais aujourd’hui on constate que plus de 90% des stocks de poisson sont surexploités. La baisse des stocks de poisson favorise le développement de l’aquaculture, en plein essor. Une production qui est passée de 540 000 tonnes en 1990 à 1,4 million de tonnes.
Collision avec une baleine dans la rade de Marseille ©souffleurs d'écume
Et aussiL'explosion du trafic maritime qui accentue les risques de collision avec les animaux marins, de pollution, augmente les déchets, le bruit sous-marin... Enfin l’artificialisation de plus de 5 000 km de côtes d’ici 2025.
Pour le WWF, « les conditions pour atteindre le bon état écologique en mer d’ici à 2020 ne sont pas réunies ».
Le rapport complet "CROISSANCE BLEUE : LA MÉDITERRANÉE FACE AU DÉFI DU BON ÉTAT ÉCOLOGIQUE" à lire.
Photo de couverture : Une plage de Barcelone REUTERS/Albert Gea





