Comment survivre à la trentaine ?

On a tous entendus parler de la crise de la quarantaine, de la cinquantaine, mais quid de celle de la trentaine ? Pression d’être seul(e) si on est célib’, peur de s’engager quand on est en couple et de passer au mode "enfants"... C’est aussi le début des gueules de bois plus difficiles, d’un corps qui commencent à vieillir (et à grossir). Bref, une ribambelle de facteurs qui peuvent rapidement devenir angoissant. Mais peut-on réellement parler d’une crise ? 

30 ans, une réelle crise ?

Une crise existentielle peut survenir à tout moment de notre vie, que l'on ait 15, 20 ou 45 ans. Alors pourquoi fait-on une fixette à la trentaine ? Le Dr Fauré, psychiatre et psychothérapeute, tend à minimiser cette soi-disant crise de la trentaine.

« Il y a toujours un questionnement sur "qu’est-ce que je fais sur cette terre, quel est le sens de tout ça", et un être humain qui se donne vraiment les moyens d’avancer dans son existence a toutes les opportunités d’essayer de trouver des réponses, d’instant en instant, à 40 ans à 20 ans à 50 ans à 70 ans », explique t-il. Selon lui, c'est plutôt vers 45/55 ans que ces questionnements deviennent plus "aigus". 

Pourtant, bon nombre de jeunes vivent la trentaine comme un cap à passer.  Et même si elle est moins développée que les crises de la quarantaine et/ou cinquantaine, elle existe bel et bien, comme l'explique Alexandre Cormont, coach et conférencier sur les domaines de la vie amoureuse et du développement personnel.

Selon lui, la crise de la trentaine se manifeste de deux manières complètement contradictoires. « Soit je rencontre des hommes et des femmes qui ne veulent surtout pas entendre parler d’engagement car ils aiment « leur liberté » ou à l’inverse on me demande souvent de tout faire parce que ce n’est pas normal d’être seul(e) à 30 ans ».

« De manière générale, la crise de la trentaine se manifeste par du stress, des peurs, une sensation de mal être au quotidien même quand pourtant on a tout pour être heureux… », poursuit-il.

Un sujet tabou 

Certains d'entre nous vivent mal ce passage de l'époque où on est un vrai jeunot, à cet entre deux où on est plus vraiment jeune, mais pas encore vraiment vieux. Un sujet plutôt tabou que les humoristes, les chroniqueurs ou les auteurs n’hésitent pas à aborder avec un ton décalé certes, mais pour parler de situations dans lesquelles on se reconnait tous plus ou moins. 

Dans une chronique sur Europe 1 l'année dernière, le journaliste Benjamin Muller parle de son passage à l'âge des 30 ans, qui est selon lui une étape assez violente, bien plus que d'avoir 40 ans par exemple. Alors que la quarantaine est une « longue pente douce », la trentaine serait nettement plus brutale.

« Du jour au lendemain vous comprenez que vous n’êtes plus un jeune, vous ne serez jamais un champion de foot, jamais un acteur de cinéma, jamais un président de la république, quand vous avez 20 ans l’avenir est devant vous, mais dès 30 ans, on doit devenir réaliste », explique t-il. 

Dans leur Guide de survie quand tu as 30 ans (éditions Tut Tut), Aude Lesserre (30 ans tout juste passé) et Nostromo (en passe de les avoir) traitent de la question d'un point de vue humoristique. « Le guide était avant tout une manière de dédramatiser. Les 30 ans, tout le monde en fait quelque chose d’énorme mais finalement c’est pas si cataclysmique que ça », explique Nostromo. 

« On s’est rendus compte en l’écrivant qu’il y a deux manières d’aborder la trentaine, on parlait à la fois à de jeunes parents,et à des gens qui sont encore du côté fêtard, ce ne sont pas du tout les même problématiques, », raconte t-il. « Aude confit qu’en étant une fille, elle a très vite eu des remarques à 30 ans, mais on voulait aussi dire que pour la plupart de nos potes, c’est encore pas mal de sorties, de fêtes, même si la gueule de bois est un peu plus compliquée... ».

Des effets sur notre corps presque inévitables

Et oui car même si certains d'entres nous le vivent plutôt bien, la trentaine se fait aussi ressentir sur notre corps car qu'on le veuille ou non, notre métabolisme vieillit. Grossir fait partie d'un des effets de cette « vieillesse ».

« La prise de poids peut être un élément de la trentaine », explique le Dr Roland Krzentowski, médecin du sport et président du centre de sport-santé, Mon Stade. « C'est à partir de cet âge que l'on perd de la puissance musculaire, et quand on perd du muscle on perd notre quota de dépense énergétique de la journée, et si l'on continue à manger pareil on va prendre du poids, il est donc indispensable de garder au mieux ses capacités musculaires ».  

En clair, pour contrer les effets de la vieillesse il est nécessaire de faire du sport. Ironiquement, c'est en général vers la trentaine que l'on diminue le sport, voir qu'on l'arrête complètement (Combien d'entres nous optons plutôt pour la bière en terrasse que la séance de course au parc en sortant du boulot?). 

Selon le Dr Roland Krzentowski, « L’idéal serait d’avoir une activité physique adaptée trois fois par semaine, adapté cela veut dire que l'intensité de l'activité physique que vous allez faire, est personnelle et doit s’évaluer par rapport à ses propres capacités ». 

Autre problème qui apparait vers la trentaine : la question du bébé. « Aujourd’hui la plupart des femmes à 30 ans ne se sentent pas mûres, elles pensent qu’elles ont tout le temps devant elle, alors que c’est l’âge idéal », met en garde le Docteur Yvette Guthmann, gynécologue. « Dès 35 – 37 ans, il y a une chute vertigineuse de la fertilité, on passe d’une fertilité de 20 à 25% à moins de 10% ».

De son côté, le Docteur Denis Danan, gynécologue également se veut plus rassurant : « A 30 ans, les femmes ne vieillissent pas spécialement, pas plus qu’entre 20 et 30 ans. Physiologiquement, elles ne changent pas du tout ».

En tout cas le mode de vie n’y serait pour rien dans le fait que l'on tombe enceinte ou non. « C’est le fait de retarder la grossesse qui rend les choses difficiles, ça n’a rien à voir avec le mode de vie, on a augmenté la durée de vie, du coup les femmes pensent que la durée de la fertilité n’est pas la même et c’est totalement faux », explique le Docteur Yvette Guthmann. 

Quoi qu'il en soit, il est probablement plus difficile de passer à la trentaine 30 ans aujourd’hui qu’il y a 50 ans : 

« Avoir 30 ans aujourd’hui engage plus de questions qu’à l’époque de nos grands-parents. Avant on était en couple très tôt et on avait des enfants dans la foulée. C’était naturel. Désormais on a des choix de carrière, de vie, de voyages… Qui complique sûrement les relations actuelles », explique Alexandre Cormont.

La solution serait peut être finalement de se détendre un peu, car à 30 ans on a encore tout le temps !

 

 

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