La bonne initiative - Des coloc' solidaires pour étudiants, jeunes actifs et réfugiés

C'est l'initiative du jour qui fait chaud au cœur et à l'esprit : l'association Caracol, sur le modèle des coopératives de logements, souhaite créer des colocations où la multiculturalité est reine, mêlant étudiants, jeunes actifs et réfugiés. Le Bonbon a passé un coup de fil à Simon Guibert, un des fondateurs du projet et étudiant à l'ESSEC.


L'idée est simple, novatrice et ne date pourtant pas d'hier : au cours de ses études à Genève, nous explique Simon, il est confronté à des prix exorbitants pour se loger, et se tourne alors vers la SEGU, une coopérative de logement qui investit (légalement) des logements vacants mais construit aussi des colocations pour étudiants. Ils sont une bonne dizaine, viennent d'Europe centrale mais aussi d'Europe de l'Est, d'Afrique ou d'Amérique du Sud.

Le logement accueille aussi une personne réfugiée : « il faut bien comprendre la différence entre une personne migrante et une personne réfugiée. La seconde peut trouver du travail et contracter un bail, toucher le RSA si elle a plus de 25 ans, elle possède les mêmes droits qu'un citoyen français. Cependant, beaucoup de personnes dans cette situation ont du mal à trouver un logement pour beaucoup de raisons. On essaie de renverser un peu les préjugés que tout un chacun peut avoir. »

En plus de créer du lien entre les habitants et de les fédérer autour d'un projet commun, cette forme de colocation constitue le point de départ d'une autre manière de vivre ensemble, d'échanges culturels permanents et aussi, pour les associations, la possibilité d'assurer un meilleur suivi des réfugiés.

 © Facebook - Caracol Asso

Le projet de Caracol ? Mettre en place des colocations d'une durée minimum d'un an, le temps de « trouver son réseau » : « A cause de ce problème de logement, les personnes qui bénéficient du statut de réfugié vont de centre d'hébergement en centre d'hébergement, une instabilité qui rend encore plus difficile la recherche d'emploi ou la poursuite d'études. »

Lancée fin 2017, l'association a rejoint en février dernier les incubateurs de SINGA, une organisation qui accompagne les réfugiés dans leur intégration socio-économique. « Le projet n'a pas seulement une vocation parisienne précise Simon, bien au contraire. Paris serait une belle vitrine mais nous sommes conscients que ce ne sera pas tâche facile. On aimerait se lancer aussi bien sur des grandes villes comme Nantes ou Marseille, ville pour laquelle on est actuellement en pourparlers. Nous allons aussi bien démarcher les mairies que les constructeurs, et les particuliers. »

3e lauréats du prix "Innovate pour la Solidarité" de la Société Saint-Vincent de Paul, l'association regroupe un noyau dur d'une dizaine de bénévoles qui proviennent de formations très différentes : immobilier, urbanisme, sciences politiques, école de design ou encore école d'art. D'ailleurs, si le projet vous a séduits, Caracol est à la recherche de bénévoles avec un peu de temps disponible et des compétences en architecture, en urbanisme, en graphisme ou encore en design d'espace. 

Simon et le reste de l'association discutent actuellement les derniers détails pour mettre le projet en marche au sein d'une maison de 700m²...à Marseille !