Il est des classements dont on se passerait volontiers. Selon les dernières données des assureurs et spécialistes du secteur, le département des Bouches-du-Rhône arrive en tête des vols de voitures en France avec 4 596 faits recensés en 2024. Dans le détail, Marseille et Aix-en-Provence figurent parmi les villes les plus touchées, aux côtés de Martigues et Vitrolles. Un phénomène qui s’explique en partie par la proximité des axes autoroutiers et des zones portuaires : les véhicules peuvent être expédiés en quelques heures à l’étranger, dissimulés dans des conteneurs, maquillés avec de faux papiers ou directement démontés pour alimenter des filières parallèles.
Des modèles très ciblés et des techniques toujours plus pointues
Les statistiques nationales, qui reflètent la réalité locale, montrent que certains modèles sont particulièrement visés : Renault Clio IV, Renault Mégane IV, Peugeot 3008, Peugeot 208 et Peugeot 308. Des véhicules très répandus, donc faciles à écouler ou à désosser. Les SUV et hybrides comme le Toyota RAV4 V, le Lexus RX II, le Lexus NX ou l’Audi A3 attirent aussi les convoitises pour leur valeur à la revente. Côté méthodes, les voleurs misent désormais sur le vol par relais, le piratage de la prise OBD ou des valises électroniques achetées sur le darknet. En parallèle, le vol de pièces détachées explose : catalyseurs, phares LED, écrans multimédia ou jantes aluminium. Une voiture peut être démontée en moins de 30 minutes, souvent la nuit, dans des parkings peu surveillés.

Assurances auto : la facture grimpe pour tout le monde
Conséquence directe : les primes d’assurance auto s’envolent dans les Bouches-du-Rhône, déjà au-dessus de la moyenne nationale. Les assureurs répercutent le risque avec des surprimes dans certains quartiers, des franchises “vol” plus élevées et des garanties spécifiques devenues quasi indispensables, comme les options “vol” ou “vol et incendie”. Certaines compagnies excluent même les vols sans effraction ou imposent des antivols certifiés et des protections pour les clés électroniques. Au final, ce sont tous les assurés qui contribuent à absorber un phénomène qui coûte chaque année plusieurs centaines de millions d’euros. Un record dont le territoire se passerait bien, mais qui rappelle une réalité très concrète pour des milliers d’automobilistes.
