Un tour au Sm’art... ou pas ?!

Voilà un salon d’art contemporain qui sait se targuer d’être l’événement artistique incontournable du Pays aixois. Mais hormis l’organisation, qui est d’accord avec ça ? On n’a pas voulu jouer les trouble-fête, et on a décidé de donner une nouvelle chance à ce salon. Visite en immersion au Sm’art…

Le Sm’art, du 7 au 11 mai au parc Jourdan à Aix, est un salon d’art contemporain qui a lieu tous les ans depuis maintenant 10 ans. À l’occasion de ce dixième anniversaire, on a voulu voir s’il y avait du changement, si la nouveauté était au rendez-vous.

smart 1

En arrivant à l’accueil, deux charmantes hôtesses à la gentillesse non feinte nous ont accueillis. On a demandé s’il existait des tarifs préférentiels pour les demandeurs d’emploi. Simple question, sans agressivité, juste à titre informatif, on est chroniqueur quoi. Pour rappel, le prix d’entrée est tout de même de 10 euros. Les hôtesses pas encore rodées, vu qu’on y est allé à l’ouverture, mais toujours charmantes, ne sont pas au courant. Elles interpellent l’organisatrice pour lui poser la question. Là, une dame sortie de nulle part répond de manière très agressive qu’il n’y a pas de raison de faire un tarif préférentiel. Qu’entre les handicapés, les enfants de moins de 12 ans, les cartes SNCF et les chômeurs, tout le monde auraient droit à la gratuité, et ça, évidemment, ce n’est pas envisageable. Elle met un point final à la conversation en se retranchant derrière la municipalité et le manque de subventions. Mouais…

machiko akamoto (1)

Sur ces entrefaites, on a envie de dire "bienvenue et merci pour l’accueil !" Peut-être que le Sm’art considère cela comme un changement de dixième anniversaire, qui sait ?

Bon, on se recentre et on essaye de visiter le salon objectivement, sans tenir compte de l’incident qui vient de se produire. Bon ben niveau disposition, rien de nouveau sous le soleil. Les allées du parc Jourdan accueillent de part en part des stands. 200 artistes, peinture, sculpture, collage, on retrouve tous les styles, mais rien de vraiment transcendant. Cette année, les marches du parc sont recouvertes par une tête de Smiley géante. Ça nous change des fourmis et des chiens ballons en plexiglas qu’on a l’habitude de voir. Même si les fourmis géantes en plastique brillant bleu, rose, et mauve métallisé sont présentes de manière éparse sur tout le site. Ennui, quand tu nous tiens !

bryan ley (1)

Bon allez ne noircissons pas trop le tableau, le pavillon des galeries était très intéressant. On a aimé le stand de la Galerie NFF Japon et les poétiques tableaux de Machino Akamoto, cette peintre-poétesse qui sublime le quotidien. On a aussi aimé la douceur de la Galerie Paradis Chinois. On a adoré également la Galerie Maison Dauphine, une galerie aixoise qu’on affectionne.

mikael helleux 4

Il y a aussi eu des artistes indépendants qui nous ont tapé dans l’œil comme Myriam Louvel Paoli et ses sculptures dessinées en fils de fer, Lilly et ses cartes de métro new-yorkais recouvertes de scènes de films peintes à l’huile, le sculpteur Souriki, la peintre Sylvie Rumo au style mixé entre De Stael et Zao Wouki, Bryan Ley, peintre hyperréaliste, et bien d’autres.

mikael helleux (1)

Et puis, dans l’exposition de sculpture, en haut des marches, agréable endroit apaisant et vert, on a eu THE coup de cœur : Mikael Helleux. Ce photographe de talent, adepte de l’argentique et du noir et blanc, saisisseur d’anecdotique, joue avec les formats et les images, seules ou en séries. Il nous raconte des petites histoires indicibles, drôles ou touchantes. Son stand regorge de productions, des petits trésors qu’on voudrait tous posséder.

mikael helleux 2

En tout cas, difficile de voir tous ces artistes sans slalomer entre les différents espaces VIP, carrés presse et réceptions privées. Bref, le Sm’art, 10e édition ou pas, ne propose rien de nouveau. L’ambiance de l’événement est plutôt catastrophique. Au programme, art et "élite". L’organisation clame indignée qu’on ne peut pas faire de tarifs réduits. Normal avec toutes les invitations qui ont été envoyées, descendre sous 10 euros l’entrée pour ceux qui payent entraînerait trop de pertes. Et on n’ose imaginer le prix des stands pour les exposants. Alors, si vous n’y allez pas, ce n’est pas grave, vous n’aurez qu’à consulter la liste des artistes sur internet et vous rendre dans les ateliers de ceux que vous préférez !

jusqu'au lundi 11 MAI 2015 Parc Jourdan Aix en Provence

Fin des articles