La nouvelle expo du Mucem nous éveille sur la question du Sida

© Jean-Baptiste Carhaix, Première manifestation de personnes atteintes par le VIH/sida, San Francisco

Le Mucem lance le 15 décembre son expo VIH/sida – L’épidémie n’est pas finie ! Elle nous rappelle que le sida ne fait pas encore partie du passé. Découvrez en exclusivité la collection du Mucem sur le thème du VIH/Sida – l'une des plus importantes en Europe.

Le 1er décembre se tenait la journée mondiale de lutte contre le Sida. Une journée pour rappeler à tou·te·s que le COVID n’est pas la seule épidémie meurtrière. Le sida est une maladie qui se transmet par un virus que l'on appelle le VIH (Virus de l'Immunodéficience Humaine). Ce virus s'attaque au sang et détruit des cellules qui permettent au corps de se défendre. C'est pour cette raison que les personnes atteintes du virus du sida sont plus fragiles que les autres – elles sont moins protégées face aux infections. Dans le monde, 38 millions de personnes sont séropositives – l’équivalent de la population du Canada. Et oui, on sait, c'est hallucinant... l’épidémie est loin d’être éradiquée : 1,5 million de personnes découvrent chaque année qu’elles sont contaminées. L'expo VIH/sida- L’épidémie n’est pas finie ! réactualise de façon passionnante les enjeux liés à l'épidémie du sida. 

Un regard rétrospectif sur l’histoire sociale et politique du sida

L'expo nous rappelle que l’histoire de cette pandémie est basée sur la marginalisation. La propagation du virus était une opportunité pour pointer du doigt les franges de la communauté qui dérangaient. À l’époque, elles se résumaient en 4 "H" : homosexuels, héroïnomanes, hémophiles, Haïtiens. La maladie était l'occasion de les exclure encore un peu plus. Tous les comportements haineux envers ces personnes ont contribué à propager l’épidémie : refus de leurs droits, expulsion des personnes malades... Cette expo revient autant sur l’impact de cet évènement dans les trajectoires individuelles que collectives. Parfait mélange entre l’intime et l’histoire avec un grand H, elle vous donnera toutes les clefs pour comprendre les enjeux de cette pandémie. Pour la première fois, la collection d’objets du Mucem, récoltés dans les années 2000, autour du Sida est rendue publique – une manière de rendre l'exposition encore plus vivante. On découvre des objets qui semblent directement sortir des manifestations pour la lutte contre le sida : banderoles, tracts, affiches, badges et rubans rouges. On revit ces moments forts de protestation. 

 
© Mucem, Bloc 23 du mémorial néerlandais du patchwork des noms

 
« L’épidémie n’est pas finie ! »

Oui on sait, c'est le titre de l'expo. Et pour cause ! Son but ultime ? Raviver les souvenirs pour montrer que du travail reste à faire. En évoquant les « leçons politiques » du sida, elle pose des questions toujours majeures aujourd’hui. Par exemple, quelles sont les réponses sociales aux épidémies et à la gestion des crises sanitaires ? Elle nous rappelle aussi combien il est crucial de ne pas laisser le silence s'installer – on se souvient du slogan d'Act Up : « Silence = death » (« Silence = mort »). Les enjeux sont certes différents aujourd'hui, mais le silence reste meurtrier. Il reste ainsi capital de continuer d'informer sur l'importance du dépistage, ainsi que sur la prévention et les traitements et de soutenir la recherche.


© Emmanuelle Barbaras, Séance d’information et de prévention contre le sida dans un camp de réfugiés à Bujumbura, Burundi, 1992

 
Pour aller plus loin...
 

Si le sujet vous intéresse et que vous ne savez pas comment l'aborder, on vous a fait une petite sélection des meilleures œuvres qui traitent du sida au ciné. L’indémodable 120 battements par minutes réalisé par Robin Campillo, qui traite de l'engagement de l'association Act Up, au début des années 90, alors que l'épidémie était au plus haut ; il nous donne envie de vivre, d’aimer et de danser. La série poignante It’s a sin illustre le rejet social qu'engendre cette maladie. La flamboyante série Pose nous dévoile Blanca Rodriguez, la mère adoptive de jeunes gays et trans qui rêvent de faire carrière dans le monde des ballrooms. Pose ou It's a sin nous rappellent que la solidarité est quelque chose qui participe pleinement à l'histoire des combats et des communautés LGBT+. C'est peut-être la seule lumière de ces heures sombres. 


© FX Productions. Photo prise de la saison 3 de Pose (Ryan Murphy, 2021)

 
VIH/sida – L’épidémie n’est pas finie !

Mucem
7, promenade Robert Laffont – Marseille
Du mercredi 15 décembre 2021 au lundi 2 mai 2022
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